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Espagne : un recteur d'université accusé de nombreux plagiats

AFP
15/12/2016

Le recteur d'une université espagnole a été contraint de démissionner d'une instance nationale jeudi, accusé de nombreux plagiats, alors même que son établissement se félicitait d'avoir mis en place un système de détection des plagiats des étudiants.

Fernando Suárez, recteur depuis 2013 de l'université publique Rey Juan Carlos à Madrid, est soupçonné d'avoir à maintes reprises depuis dix ans pillé les oeuvres d'étudiants et de confrères, espagnols et étrangers. Il est notamment soupçonné d'avoir fait des emprunts à un historien hispaniste français, Bernard Vincent, pour un article d'un ouvrage collectif publié l'an dernier par l'université de Santa Barbara (Californie).

"Je suis tout à fait indigné. C'est scandaleux", a réagi M. Vincent, joint jeudi par l'AFP à Paris. "Il m'a copié deux paragraphes sur la répression menée sous l'Inquisition en Espagne mais il a emprunté des pages entières à cinq autres collègues (espagnols). Sur une trentaine de pages de son article, il y en avait 26 ou 27 +empruntées+", a assuré M. Vincent, directeur d'études émérite à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris.

Le recteur a été contraint jeudi d'abandonner son poste de membre de la commission permanente de la Conférence des recteurs des universités espagnoles, "en raison des informations publiées sur le présumé plagiat", a annoncé cette instance.

Ironie de l'histoire : l'université qu'il dirige avait annoncé le 11 novembre qu'elle était désormais équipée d'"un système de détection de plagiats" que pourraient commettre certains de ses 33.000 étudiants...
"M. Suarez a plagié au moins neuf articles et des dizaines de chercheurs", a écrit le journal d'investigation en ligne eldiario.es, documents à l'appui.

Le 25 novembre, dans une déclaration au conseil d'administration de son université, M. Suarez s'était dit victime de "diffamation" et "harcèlement". "Il est possible que des dysfonctionnements aient eu lieu, parce que je suis humain et parce que nous travaillons avec beaucoup de matière de différentes sources et en équipes de recherche, mais je rejette l'ampleur donnée à cette question", avait-il écrit.

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