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Moyen Orient et Monde - Sanctions

L’Iran veut construire des navires à propulsion nucléaire

Les relations entre la République islamique et les États-Unis sont tendues malgré l'accord de 2015.

Les négociateurs occidentaux d’un côté, et iraniens de l’autre, lors des discussions qui ont mené à l’accord sur le programme nucléaire iranien, en juillet 2015. Photo Reuters

L'Iran a annoncé hier son intention de construire des navires à propulsion nucléaire, en réponse au renouvellement pour dix ans des sanctions américaines, au risque d'envenimer encore plus les relations entre les deux pays. Qualifiant de « violation » de l'accord nucléaire de 2015 le renouvellement de ces sanctions par le Congrès américain, le président Hassan Rohani a ordonné au chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) « de planifier la conception et la production de moteurs à propulsion nucléaire pour le transport maritime ». M. Rohani prend le risque d'être accusé par les États-Unis et Israël, principaux ennemis de l'Iran, de vouloir développer ses capacités nucléaires malgré l'accord conclu avec les grandes puissances en 2015.

« Mesures juridiques »
Dans ses deux lettres publiées par les médias officiels, M. Rohani a aussi ordonné au ministère des Affaires étrangères de prendre « des mesures juridiques » au niveau international contre les « négligences » des États-Unis dans l'application de l'accord nucléaire, ainsi que contre le renouvellement des sanctions.
Ce renouvellement pour dix ans a été voté à la quasi-majorité par la Chambre des représentants et le Sénat américains. Il doit encore être approuvé par le président sortant Barack Obama pour entrer en vigueur, ce qui ne devrait pas poser de problème. Après l'entrée en vigueur de l'accord nucléaire en janvier dernier, une partie des sanctions internationales ont été levées. Mais Téhéran accuse les États-Unis d'empêcher une normalisation de ses relations économiques, notamment bancaires, avec le reste du monde. Le régime actuel de sanctions, renouvelé tous les 10 ans depuis 1996, devait s'achever à la fin de cette année. Les États-Unis ont suspendu les sanctions anti-iraniennes liées au nucléaire, mais en imposent d'autres qui visent, selon Washington, son programme balistique et son soutien aux groupes « terroristes ». Ces sanctions nuisent aux relations bancaires ou encore aux investissements dans le secteur énergétique de l'Iran.

Critiques de l'accord
Les dirigeants iraniens estiment unanimement que le renouvellement des sanctions américaines constitue une « violation » de l'accord. Ultime décideur dans le dossier nucléaire, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a plusieurs fois exprimé ses doutes sur la fiabilité des États-Unis. Il a ainsi récemment critiqué la « précipitation » dans les négociations nucléaires. Et le président du Parlement, le conservateur Ali Larijani, a estimé que « certaines sections de l'accord auraient dû être écrites avec plus de précision pour éviter les interprétations », critiquant à demi-mot les négociateurs iraniens.
Les sanctions américaines permettent de maintenir un cadre que pourra utiliser le nouveau président pour imposer de nouvelles mesures restrictives à l'encontre de l'Iran. Le président élu américain Donald Trump a nommé à son cabinet plusieurs farouches adversaires de l'Iran, à commencer par le futur ministre de la Défense James Mattis et le futur directeur de la CIA, Mike Pompeo. Et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit qu'il voulait discuter avec M. Trump pour obtenir le démantèlement de l'accord nucléaire. Son pays vient de recevoir deux chasseurs bombardiers furtifs F-35 livrés par les États-Unis, avec l'objectif de maintenir un avantage technologique militaire face à l'Iran.
L'accord nucléaire conclu avec les six grandes puissances prévoit une levée progressive des sanctions internationales frappant l'Iran en échange d'un strict encadrement de son programme nucléaire à des fins uniquement civiles, même si Téhéran a toujours nié vouloir se doter de l'arme atomique. En 2012, en pleine tension entre l'Iran et la communauté internationale sur le dossier nucléaire, des députés avaient évoqué la construction de moteurs nucléaires, utilisables pour les navires et les sous-marins. Le chef de l'OIEA de l'époque, Fereydoon Abbasi Davani, avait alors affirmé que l'Iran avait la capacité de les construire, mais qu'il n'en avait pas l'intention. À quelques exceptions près, en particulier des brise-glaces russes, la très grande majorité des navires à propulsion nucléaire sont militaires. Des experts avaient estimé à l'époque que la construction de tels moteurs serait trop coûteuse.
(Source : AFP)

L'Iran a annoncé hier son intention de construire des navires à propulsion nucléaire, en réponse au renouvellement pour dix ans des sanctions américaines, au risque d'envenimer encore plus les relations entre les deux pays. Qualifiant de « violation » de l'accord nucléaire de 2015 le renouvellement de ces sanctions par le Congrès américain, le président Hassan Rohani a ordonné au chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) « de planifier la conception et la production de moteurs à propulsion nucléaire pour le transport maritime ». M. Rohani prend le risque d'être accusé par les États-Unis et Israël, principaux ennemis de l'Iran, de vouloir développer ses capacités nucléaires malgré l'accord conclu avec les grandes puissances en 2015.
« Mesures juridiques »Dans ses deux lettres publiées...
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