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Moyen Orient et Monde

La bataille de Mossoul pourrait durer encore deux mois

Irak / Syrie

Le commandant en chef de la coalition anti-EI, le général Stephen Townsend, estime que reprendre Raqqa sera encore plus dur.

OLJ
09/12/2016

L'offensive contre les jihadistes de l'État islamique à Mossoul pourrait prendre encore deux mois et leur défaite dans la métropole du nord de l'Irak ne dissipera pas la menace qu'ils font peser sur le pays et l'Occident, estime le commandant de la coalition formée pour les combattre.
Les 100 000 hommes issus de l'armée irakienne, des forces kurdes et de milices chiites qui sont engagés depuis le 17 octobre dans la bataille ont obtenu des succès importants, souligne le général Stephen Townsend. « Je pense qu'ils en ont encore pour quelques semaines, voire un à deux mois de travail à Mossoul », poursuit-il, interrogé à bord du porte-avions français Charles de Gaulle, où il est venu rencontrer d'autres membres de l'état-major de l'opération Inherent Resolve. Lancée en 2014 à l'initiative des États-Unis pour combattre l'EI en Irak et en Syrie, elle fournit aujourd'hui un appui aérien et une assistance terrestre aux effectifs engagés à Mossoul ainsi qu'aux rebelles kurdes et arabes qui combattent le mouvement en Syrie.
« Je pense que ce ne sera pas terminé pour nous quand nous en aurons fini avec Mossoul. Nous n'en avons pas fini avec l'Irak. Il nous reste un tiers de la vallée de l'Euphrate à nettoyer jusqu'à la frontière syrienne. De Mossoul, nos partenaires doivent aller à la frontière syrienne, à l'ouest, et en reprendre le contrôle. Il y aura encore de durs combats après Mossoul », juge l'officier.

L'EI fera tout pour rester menaçante
Les jihadistes vont, selon lui, réaliser assez vite que leur califat est voué à disparaître et vont s'y adapter pour rester menaçants, même s'ils n'ont plus aucun territoire.
« Ils vont sans aucun doute continuer à comploter et à préparer des attentats aussi longtemps qu'ils existeront. À mon avis, le meilleur moyen de limiter le risque d'attentat en France, aux États-Unis ou en Occident, c'est de les chasser de Mossoul et de Raqqa (en Syrie) et de les harceler dans le désert. Je n'ai pas de boule de cristal. Je ne peux pas prédire l'avenir. Je sais en revanche qu'ils ont fait la preuve de leur capacité à se relever. El-Qaëda en Irak a donné naissance à l'EIIL (État islamique en Irak et au Levant), à Daech. Nous devons donc procéder différemment pour que l'EIIL ne donne pas naissance à un groupe extrémiste qui prendra à son tour le contrôle de l'Irak. Il faut faire en sorte que nous ayons une présence et un partenariat durables en Irak (...) », souligne le général Townsend.
« Il est très important de rester aussi longtemps que nécessaire pour éradiquer l'EIIL. Il s'agit d'une phase très importante », renchérit le contre-amiral Olivier Lebas, commandant du groupe aéronaval français.
La bataille de Raqqa, reprend le général Townsend, sera beaucoup plus complexe que celle de Mossoul. « Mossoul, c'est dur. Il s'agit d'une grande ville complexe. L'ennemi a eu deux ans pour s'enterrer et préparer sa défense. Mossoul serait un problème pour l'armée française, comme pour l'armée américaine. C'est vraiment dur. Mais il y a un gouvernement et une armée en Irak pour la reprendre. En Syrie, nous essayons de combattre Daech sans partenaires locaux, en pleine guerre civile avec toutes sortes d'influences », explique l'officier.

Michael GEORGY/Reuters

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