Mis à part les nouvelles versions de la gamme Panamera (cf. notre édition du lundi 21 novembre), Porsche a dévoilé à Los Angeles sa plus récente voiture de course, la 911 RSR, avec pour promotrice de charme ni plus ni moins que la star russe du tennis Maria Sharapova. Mike Blake/Reuters
L'autopartage a tenu la vedette au Salon de l'automobile de Los Angeles, qui s'est clôturé hier, les constructeurs bataillant pour rattraper leur retard sur un marché à forte croissance, où ils ont été devancés par des groupes comme Uber, Lyft ou Zipcar. « Nous sommes vraiment à l'orée d'une révolution de la mobilité », avait assuré Mark Fields, patron de Ford, en lançant, le 16 novembre, le salon Automobility, spécialisé dans les technologies de la mobilité.
Les constructeurs du monde entier, au premier rang desquels General Motors (GM) et Ford, clament qu'ils se voient désormais comme des fournisseurs de services de mobilité. Ils lancent de nouvelles offres et nouent des partenariats tous azimuts pour se tailler une part dans ces nouveaux marchés à la croissance explosive. Ils sont essentiellement destinés aux populations urbaines qui n'ont pas besoin de voiture en permanence, à l'inverse des habitants de zones rurales dépourvues de transports publics efficaces. Pour beaucoup, il revient aussi bien moins cher de se payer un Uber ou une voiture partagée pour aller travailler ou partir en week-end que de payer chaque mois des centaines de dollars d'assurances, d'entretien et de remboursement de prêt.
« Aucune société ne veut être à la traîne » de cette mutation des transports, a reconnu Jessica Caldwell, analyste pour le portail Internet spécialisé Edmunds.com. Mais aucune ne sait réellement l'ampleur que prendront ces marchés d'ici à quelques années. « Cela dépendra de la croissance urbaine », a admis Rachel Bhattacharya, l'une des dirigeantes de Maven, filiale de mobilité de GM.
Pari sur l'avenir
Maven ne représente encore qu'une part minime des revenus du géant automobile. « Le marché va décider pour nous, mais ceux qui ignorent (cette tendance) le font à leurs propres risques », et GM comme ses concurrents « posent des jalons pour l'avenir », a-t-elle remarqué.
GM a investi 500 millions de dollars dans Lyft et noué un partenariat avec Uber, leader des services de voiturage par application sur smartphone. Uber a aussi lié un partenariat avec Toyota, et Volkswagen avec Gett. BMW a, lui, annoncé lors de la première journée du salon Automobility de nouveaux services par l'intermédiaire de son application ReachNow, notamment une offre de voiturage, Ride, qui permet de commander une course et de personnaliser son trajet en sélectionnant la température, la musique, ou encore une option « Ne pas déranger ». Il démarrera à Seattle, le 8 décembre, pour y être testé avant de s'étendre à d'autres villes.
ReachNow comprend aussi un service d'autopartage sur le modèle de Zipcar, qui était jusqu'alors disponible à Seattle et Portland et va être étendu à Brooklyn, l'un des districts de New York, et où une flotte exclusive sera aussi disponible aux résidents d'un immeuble-pilote. Maven, la version concurrente de ReachNow lancée en janvier dernier par GM, est déjà disponible dans 13 villes américaines avec une flotte de quelque 5 000 véhicules.
L'autre tendance de la mobilité, dans laquelle se lance aussi BMW ReachNow, est de louer sa voiture à d'autres pour la « monétiser » lorsqu'elle ne roule pas. Ce système de location de particulier à particulier, façon Airbnb pour voitures, permet de compenser la dépréciation très rapide des voitures, même lorsqu'elles roulent peu.
David Stewart, l'un des dirigeants de Turo, pionnier du secteur, a souligné lors d'un panel de discussion que « le marché des locations de voiture pèse 80 milliards de dollars » et « qu'un milliard de voitures sont en circulation dans le monde, dont la majorité reste immobile la plupart du temps ». « C'est un marché qui croît très vite » et qui « révolutionne la façon dont les gens envisagent d'être propriétaires d'une voiture », a-t-il assuré, précisant que Turo compte 2 millions d'utilisateurs et 120 000 véhicules listés. « Nous pensons que le partage de particulier à particulier offre l'occasion de vendre plus de voitures », a-t-il insisté. « Vous pouvez vous offrir une (voiture électrique de luxe) Tesla pour rien si vous la louez sept jours par mois », a-t-il donné en exemple.
Et les utilisateurs peuvent, de leur côté, laisser au garage leur petite citadine et s'offrir pour un voyage à la montagne un gros 4 x 4 qui tient la route, ou éblouir une conquête amoureuse avec une voiture de rêve le temps d'un rendez-vous.
(Source : AFP)

