Dans un bureau de vote au Koweït, le 16 mai 2009.
Les Koweïtiens élisent aujourd'hui un nouveau Parlement dans l'espoir de barrer la route à un programme d'austérité dicté par la chute des revenus pétroliers, qui ébranle le système de l'État providence dans ce riche émirat du Golfe.
C'est une dispute entre le pouvoir législatif et le gouvernement sur l'augmentation des prix des produits pétroliers, pourtant parmi les plus bas au monde, qui a provoqué le 16 octobre la dissolution du Parlement. Et c'est la remise en cause des principes mêmes de l'État providence qui a fédéré candidats de l'opposition et progouvernementaux durant la campagne électorale. Les candidats des deux bords ont promis de bloquer, s'ils sont élus, toute nouvelle augmentation des prix des produits pétroliers.
Avec un revenu par habitant de 28 276 dollars en 2015, les Koweïtiens sont parmi les peuples les plus riches de la planète. Ils ont en outre été habitués aux largesses de l'État qui ne perçoit pas d'impôts et fournit presque gratuitement les services essentiels. Mais la chute depuis la mi-2014 des prix du pétrole, dont le pays tire l'essentiel de ses revenus, s'est traduite par un déficit budgétaire de 4,6 milliards de dinars (14,5 milliards de dollars) au dernier exercice fiscal qui s'est achevé le 31 mars, après 16 ans d'excédents.
Les mesures d'austérité, notamment des augmentations de prix allant de 40 à 80 % selon les produits pétroliers, n'ont pas été acceptées par les 1,3 million de Koweïtiens qui cohabitent avec 3,1 millions d'étrangers, exclus de la gratuité totale de nombreux services publics comme l'éducation et la santé.
Dans ce pays qui se targue d'avoir été la première des monarchies du Golfe à se doter d'un système parlementaire (en 1962), le Parlement a un rôle important de contrôle de l'action du gouvernement et peut provoquer la chute du cabinet.
Mais le pouvoir réel reste aux mains de la famille al-Sabah, qui règne depuis 250 ans. La Constitution limite aux membres de cette famille les postes-clés de prince héritier et de chef du gouvernement, ainsi que les principaux ministères.
(Source : AFP)

