Neymar, l’attaquant brésilien du Barça, est poursuivi pour « corruption dans les affaires » dans le cadre de son transfert controversé du Santos. Javier Soriano/AFP
Deux ans de prison et dix millions d'euros d'amende : les choses se corsent pour Neymar après les réquisitions prononcées en Espagne à l'encontre de la star brésilienne, pour « corruption dans les affaires », dans le cadre de son transfert controversé du Santos au FC Barcelone.
Près de trois ans après son arrivée au Barça, le feuilleton de ce recrutement n'en finit pas de poursuivre Neymar. Le parquet a en effet requis à son encontre « deux ans de prison, une inhabilitation de trois ans pour l'exercice d'une profession industrielle ou commerciale et une amende de 10 millions d'euros » donc. Tout part d'un mensonge : dans un premier temps, le Barça avait officiellement chiffré le transfert du joueur depuis le club brésilien de Santos à 57,1 millions d'euros (40 millions pour la famille de Neymar, 17,1 pour Santos). Mais selon la justice espagnole, il a en réalité coûté au moins 83,3 millions. Une partie de la somme aurait servi à réserver Neymar, pour qu'il n'examine pas d'offres concurrentes, d'où la « corruption » entre particuliers. Par ailleurs, il y aurait escroquerie en raison de la dissimulation du montant réel du transfert.
La justice espagnole enquête après une plainte de la société brésilienne DIS, détentrice à l'époque d'une partie des droits du footballeur, qui s'estime lésée. DIS, qui avait reçu 6,8 millions d'euros sur les 17,1 versés au Santos pour le transfert, estime que Neymar et le Barça se sont organisés pour lui cacher le montant réel et ainsi lui reverser moins d'argent. En Espagne, les réquisitions du parquet sont rendues avant le renvoi devant un tribunal, que le juge en charge du dossier pourrait prononcer très rapidement. En réaction aux réquisitions du parquet, le cabinet de conseil brésilien qui gère les entreprises de Neymar a affirmé que l'attaquant a signé tous ses contrats « conformément aux dispositions légales, éthiques et morales ». « Nous ne sommes pas inquiets (...) », a ajouté le cabinet NN Consultoria, propriété du père de Neymar. Il n'empêche que ce nouveau développement judiciaire risque d'enfoncer un peu plus Neymar, qui a réalisé un début de saison mitigé (seulement 6 buts en 14 matches officiels en club). Dans les prochains jours, il faudra voir si ce soubresaut extrasportif pénalisera son rendement, alors que se profile le clasico de la Liga face au Real Madrid, le 3 décembre au Camp Nou. De son côté, allant plus loin que le parquet, le fonds DIS, en tant que partie civile, a réclamé hier cinq ans de prison pour Neymar et l'interdiction d'exercer la profession de footballeur au sein de l'Union européenne pendant la durée de son éventuelle condamnation. Alors que l'attaquant brésilien vient de prolonger son contrat avec le Barça jusqu'en 2021, c'est le genre d'interdiction qui pourrait réveiller les appétits de certaines grosses écuries, notamment les clubs anglais dans la perspective du Brexit...
(Source : AFP)


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