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Nos lecteurs ont la parole - Georges H. Mallat

Un épisode qui clôture la guerre libanaise

La force du souvenir d'un événement ayant eu lieu alors qu'on avait 17 ans ne change pas, mais c'est la perception de ce souvenir qui change. Si le 13 octobre 1990 a constitué la dernière bataille de la guerre libanaise, force est de constater qu'une guerre ne saurait réellement finir dans un ordre imposé par une occupation, mais bien lorsque les composantes de la société politique se retrouvent pour accepter le passé et regarder courageusement l'avenir afin de répondre aux nouveaux défis imposés à la nation.
À son commencement, la guerre libanaise a été déclenchée par une présence armée étrangère qui ne pouvait s'accommoder de l'existence d'un État. Cette guerre ne pouvait donc pas finir par l'invasion du palais présidentiel par une autre armée étrangère et ses milices alliées, et par le morcellement de l'État. Ce n'est pas en divisant pour mieux gouverner qu'une guerre prend fin. Cette guerre ne pouvait finir que par le recouvrement par l'État libanais de son plein rôle et de sa pleine légitimité. Un rôle matériel et organique, certes, mais aussi une légitimité façonnée par un accord entre toutes les forces politiques libanaises sur les grandes constantes, notamment le besoin de pallier la vacance présidentielle, fait par ailleurs hautement inconstitutionnel. Mais au-delà de cet accord et de sa pérennité, c'est bien la symbolique de l'événement qui le remet dans son cadre historique en ce sens que l'histoire nous enseigne que le locataire du palais présidentiel ne saurait en être délogé par toute force armée.
Ainsi, l'élection du général Michel Aoun le 31 octobre 2016 à la magistrature suprême devrait faire de lui le président de la République de tous les Libanais, non dans un esprit partisan mais dans un esprit de justice réparatrice. Cette justice réparatrice qui, suite à une guerre et servie par un dévouement à la chose publique, permet de dépasser la politique de deux poids, deux mesures qui a caractérisé si longtemps la vie politique libanaise.
Une justice réparatrice, surtout pour nos martyrs, tous nos martyrs à qui nous devons reconnaissance, pour nos disparus qui devraient demeurer notre quête, pour nos héros, pour nos familles, pour notre société, pour notre appartenance et, surtout, pour notre Liban message, si cher à saint Jean-Paul II, et si nécessaire dans le monde vacillant d'aujourd'hui en besoin soutenu de communication entre les religions, les cultures et les civilisations.
Puisse cet épisode contribuer à la détermination d'une meilleure pratique constitutionnelle, reflet d'un accord renforcé entre les forces politiques sur les grandes constantes institutionnelles de notre vie nationale.

Georges H. MALLAT
Avocat à la cour

La force du souvenir d'un événement ayant eu lieu alors qu'on avait 17 ans ne change pas, mais c'est la perception de ce souvenir qui change. Si le 13 octobre 1990 a constitué la dernière bataille de la guerre libanaise, force est de constater qu'une guerre ne saurait réellement finir dans un ordre imposé par une occupation, mais bien lorsque les composantes de la société politique se retrouvent pour accepter le passé et regarder courageusement l'avenir afin de répondre aux nouveaux défis imposés à la nation.À son commencement, la guerre libanaise a été déclenchée par une présence armée étrangère qui ne pouvait s'accommoder de l'existence d'un État. Cette guerre ne pouvait donc pas finir par l'invasion du palais présidentiel par une autre armée étrangère et ses milices alliées, et par le morcellement de...
commentaires (1)

"À son commencement, la guerre libanaise a été déclenchée par une présence armée étrangère qui ne pouvait s'accommoder de l'existence d'un État." - 1990:la guerre a, officiellement pris fin, mais le pays subit toujours une occupation étrangère (deux, en fait). - 2000: une armée étrangère s'en va, mais reste l'autre qui occupe encore les 3/4 du pays. - 2005: cette armée quitte enfin le Liban, après près de 30 ans d'occupation, mais elle laisse à sa place une milice fortement armée pour poursuivre son oeuvre. - 2016: retour de Aoun à Baabda. Rien de changé, la guerre ne prendra vraiment fin qu'après la suppression des dernières forces occupantes, une milice créée, armée, financée et commandée par l'Iran et qui pèse de tout le poids de ses armes sur la politique nationale.

Yves Prevost

07 h 31, le 18 novembre 2016

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Commentaires (1)

  • "À son commencement, la guerre libanaise a été déclenchée par une présence armée étrangère qui ne pouvait s'accommoder de l'existence d'un État." - 1990:la guerre a, officiellement pris fin, mais le pays subit toujours une occupation étrangère (deux, en fait). - 2000: une armée étrangère s'en va, mais reste l'autre qui occupe encore les 3/4 du pays. - 2005: cette armée quitte enfin le Liban, après près de 30 ans d'occupation, mais elle laisse à sa place une milice fortement armée pour poursuivre son oeuvre. - 2016: retour de Aoun à Baabda. Rien de changé, la guerre ne prendra vraiment fin qu'après la suppression des dernières forces occupantes, une milice créée, armée, financée et commandée par l'Iran et qui pèse de tout le poids de ses armes sur la politique nationale.

    Yves Prevost

    07 h 31, le 18 novembre 2016

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