Présentation technique du programme R4R, avec le spécialiste en éducation au sein de la BM, Noah Yarrow, le directeur du ministère de l’Éducation, Fady Yarak, la directrice de la recherche à l’AUB, Carma el-Hassan, et la doyenne de la faculté d’éducation à l’UL, Thérèse Hachem.
« La recherche pour des résultats » : c'est l'appellation que le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur a donnée au programme R4R d'investissement dans la recherche qu'il a lancée hier en partenariat avec le Département pour le développement international au Royaume-Uni (UK DfID), l'Agence américaine pour le développement international (USAid) et la Banque mondiale. Avec pour objectif de récolter des informations sur les pratiques éducatives, mais aussi les performances des élèves et des enseignants dans les écoles publiques, privées et semi-privées. À long terme, ce programme financé par les trois partenaires du ministère à hauteur de trois millions de dollars devrait permettre non seulement d'améliorer la qualité de l'éducation au Liban, mise à mal par la crise syrienne, mais de développer une importante base de données susceptible d'être prise en compte dans le cadre de la politique éducative du pays.
C'est avec la participation des différents partenaires qu'a eu lieu le lancement du programme R4R, lors d'une conférence donnée au ministère de l'Éducation, notamment du directeur général du ministère de l'Éducation, Fady Yarak, représentant le ministre Élias Bou Saab, la chef de programme à la Banque mondiale, Hanin Sayed, la directrice de l'USAid au Liban, Anne Paterson, et la responsable de l'UK DfID, Amanda McLoughlin. La cérémonie a également vu la présence de la représentante du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Mireille Girard.
(Lire aussi : Seuls 40% des enfants syriens réfugiés au Liban sont scolarisés)
Identifier les causes du décrochage scolaire
Dans la pratique, cinq études sur « l'évaluation des prestations des services » seront menées de front durant les deux prochaines années, a ainsi expliqué Noah Yarrow, spécialiste de l'éducation au sein de la BM. Il s'agira de conduire « des observations de classes » et « des enquêtes sur la gestion de l'école et sur l'environnement d'apprentissage », a-t-il précisé. D'autres enquêtes seront également conduites sur les parents et les enseignants, alors que seront menés des entretiens et discussions de groupes regroupant les élèves, les enseignants et les administrateurs scolaires. Enfin, les écoliers seront soumis à une évaluation de leur apprentissage.
Ces études permettront d'établir « des liens spécifiques entre les pratiques de l'enseignant et les compétences acquises par les élèves ». Elles permettront aussi « d'identifier les écoles à haute performance », et de comparer en termes de qualité et de coût de l'enseignement « les classes du matin et celles de l'après-midi » (qui accueillent principalement des réfugiés syriens). Elles seront enfin l'occasion d'élaborer « des profils d'apprentissage » et d'identifier « les causes du décrochage scolaire ».
Saluant le lancement du programme, la représentante de l'USAid, Anne Paterson, a observé que l'initiative vise à « développer le secteur éducatif » et à « créer un environnement éducatif adéquat ». Elle a rappelé que l'agence américaine a déjà investi dans la formation des enseignants et dans les bourses scolaires la somme de 288 millions de dollars. De son côté, la représentante du programme d'aide britannique, Amanda McLoughlin, a assuré que « ce programme permettra d'aider aussi bien les parents et les élèves que les écoles, les enseignants et les directions d'établissement. Il permettra surtout de relever le niveau du secteur éducatif au Liban ».
De manière plus globale, le programme R4R permettra certes « d'analyser le système éducatif en place, de mettre le doigt sur ses failles et d'exercer une influence sur les prises de décision », notamment concernant la formation des enseignants, la modernisation des programmes scolaires et l'amélioration du contexte éducatif, comme l'indique Fady Yarak. Mais il n'a pas la prétention « de jouer le rôle stratégique imparti au Centre de recherche et de développement pédagogiques », a-t-il souligné, précisant que « ce programme complétera l'action du CRDP ».
Dans ce contexte, et alors qu'une réforme globale du système éducatif se fait pressante, incluant la refonte des programmes scolaires, on est en droit de se demander ce qui empêche ce programme de recherche d'être plus ambitieux.
Pour mémoire
« J'aimerais avoir dix enfants, mais pas dans ces conditions »
À Jisr el-Wati, une école publique accueille 237 enfants libanais et 727 étrangers

