Le président Aoun recevant hier, à Baabda, les ambassadeurs. Photos Dalati et Nohra
Le président de la République, Michel Aoun, a mis l'accent hier sur l'unanimité qu'a recueillie le discours d'investiture au sein des différentes composantes libanaises, soulignant que la période à venir sera principalement axée sur l'État de droit, la priorité devant être accordée à l'adoption d'une loi électorale.
« Les différents protagonistes ont convenu d'adopter le discours d'investiture que je m'engage à réaliser durant mon mandat », a déclaré hier le président devant une délégation de diplomates.
M. Aoun a estimé que le discours a rassemblé les Libanais « autour de la politique internationale ».
« L'application des lois est le seul critère dont on doit tenir compte pour définir les contours de l'État et ses institutions, que ce soit au niveau de la sécurité ou de l'administration, et ce afin de mettre un terme au relâchement qui prévaut au plan du fonctionnement des institutions depuis un moment », a encore ajouté M. Aoun.
Dans ce qui est apparu comme une feuille de route pour les mois à venir, le chef de l'État a indiqué que « la priorité sera accordée à l'adoption d'une loi électorale », affirmant que les législatives « se tiendront au mois de mai prochain ».
« Le Liban s'apprête à accéder à une phase au cours de laquelle la stabilité politique sera consolidée. Celle-ci passe par le respect du pacte, de la Constitution et des lois grâce à un partenariat national qui est l'essence de notre système et la singularité de notre entité », a-t-il précisé.
Sigrid Kaag
Le chef de l'État s'exprimait, en présence du ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, devant une délégation de diplomates qui a regroupé les ambassadeurs du Groupe international de soutien au Liban, notamment l'ambassadeur de Russie, Alexandre Zasypkine, d'Allemagne, Martin Huth, des États-Unis, Elisabeth Richard, de Grande-Bretagne, Hugo Shorter, d'Italie, Massimo Marotti, de France, Emmanuel Bonne, et de Chine, Wang Kijian, ainsi que la représentante du secrétaire général de l'Onu au Liban, Sigrid Kaag.
Dans une déclaration à l'issue de la rencontre, celle-ci a indiqué que la visite qui avait pour objectif d'adresser au nouveau chef de l'État les félicitations des membres de la délégation pour son accès à la présidence, a été l'occasion d'« échanger quelques idées avec lui ». « Nous avons eu l'honneur d'être présents à la séance parlementaire de l'élection, un moment où la démocratie a pu être exercée », a souligné Mme Kaag, ajoutant que les diplomates ont exprimé leur espoir de voir les prochaines législatives se tenir à la date prévue, soit en mai prochain. L'entretien a également porté sur « l'importance que soit préservée la stabilité du Liban, loin des conflits régionaux ». « L'impact de la crise syrienne sur le Liban est un sujet d'intérêt commun », a-t-elle encore dit.
Aram Ier et Youhanna X
Le chef de l'État a en outre reçu au palais de Baabda le catholicos arménien de Cilicie, Aram Ier, à la tête d'une délégation, le patriarche grec-orthodoxe, Mgr Youhanna X Yazigi, à la tête d'une délégation formée de Mgr Élias Audi, Mgr Élias Kfoury et Mgr Basileus Mansour, le chef de la communauté copte au Liban, le père Roueiss Ourashalimi, ainsi que le métropolite Nevon Saïkali, qui lui a transmis un message du patriarche de Moscou, Cyrille. Il s'est ensuite entretenu à tour de rôle avec les chefs des services de sécurité, les généraux Ibrahim Basbous (FSI), Imad Othman (services de renseignements des FSI), Abbas Ibrahim (Sûreté générale), Georges Karaa (Sûreté de l'État) et Kamil Daher (services de renseignements de l'armée).
Télégrammes de Hollande et Merkel
Le président Aoun a enfin reçu des télégrammes de félicitations adressés par plusieurs chefs d'État, dont les présidents français, François Hollande, turc, Recep Tayyip Erdogan, suisse, Johann Schneider-Ammann, algérien, Abdel Aziz Bouteflika, chinois, Xi Jinping, tadjik, Imam Ali Rahman, sénégalais, Macky Sall, et cubain, Raul Castro, ainsi que par la reine d'Angleterre, Elizabeth II, et la chancelière allemande, Angela Merkel, qui lui ont souhaité bonne chance dans sa tâche consistant à faire face à l'ensemble des défis, dont celui de redressement des institutions et de la préservation de la stabilité du pays. Dans sa missive, M. Hollande a estimé que « l'élection de M. Aoun est un évènement historique (...), ainsi qu'une garantie pour les espoirs des Libanais et pour tous ceux qui croient que le Liban peut encore prouver qu'il est et restera un exemple pour le Proche-Orient ».

