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Moyen Orient et Monde - Syrie

L’offensive rebelle à Alep reprend à la veille d’une trêve russe

Les Kurdes annoncent qu'ils dirigeront l'offensive sur Raqqa, sans la Turquie.

Des rebelles de Jaïch al-Fateh prennent un selfie aux abords de la ligne de démarcation à Alep, dans le quartier de Dahyet el-Assad. Omar Hajj Kadour/AFP

Les rebelles ont relancé hier avec force leur offensive à Alep pour briser le siège imposé par le régime syrien aux quartiers qu'ils contrôlent, à la veille d'une nouvelle trêve « humanitaire » de dix heures décrétée par Moscou.
Ainsi, après plusieurs jours d'accalmie, les combats ont repris dans l'ouest d'Alep. Les rebelles avaient lancé une première offensive le 28 octobre, partie de l'extérieur de la ville, pour tenter de briser le siège imposé par le régime de Bachar el-Assad aux quartiers de l'opposition, dans l'est. Plus de 250 000 personnes vivent dans ces quartiers, privées d'aide humanitaire depuis juillet et menacées de pénurie alimentaire, selon l'Onu.
De violents affrontements secouaient la périphérie, rythmés par les explosions de voitures piégées et les frappes aériennes du régime et de son allié russe. Les affrontements se concentraient hier dans la périphérie ouest, non loin d'une importante académie militaire près du quartier progouvernemental de Halab al-Jadida. « Nous avons commencé la deuxième phase de notre lutte pour briser le siège », a annoncé avec enthousiasme le combattant rebelle Abou Hamza, interrogé par un correspondant de l'AFP.
« Trois voitures piégées ont explosé dans l'ouest d'Alep, marquant le début d'une violente offensive des groupes rebelles qui tentent d'effectuer une nouvelle avancée », a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Des colonnes de fumée noire s'élevaient au-dessus du quartier de Dahyet el-Assad, où les rebelles ont mis le feu à des pneus pour gêner la visibilité des avions de combat, a constaté un journaliste de l'AFP. « Il y a de violents combats et des tirs d'artillerie et les affrontements les plus violents ont lieu dans le secteur de Halab al-Jadida. Les combattants ont lancé leur attaque depuis Minyane et sont aux abords de Halab al-Jadida », a précisé l'OSDH. Ces derniers jours, les rebelles avaient déjà réussi à effectuer une percée dans les secteurs voisins de Minyane et Dahyet el-Assad.

Victimes civiles
Par ailleurs, 12 civils ont été tués hier et 200 blessés par les tirs et les salves de roquettes des rebelles sur les quartiers ouest tenus par le gouvernement, selon l'agence officielle Sana. De son côté, l'OSDH donne un bilan de 15 morts, dont 4 enfants. Depuis le 28 octobre, 69 civils, dont 23 enfants, ont été tués dans les tirs des rebelles sur les quartiers ouest, selon l'ONG. Huit cas de suffocation ont également été enregistrés, selon la télévision officielle syrienne, qui accuse les rebelles d'avoir répandu « un gaz toxique » à Minyane.

« Pause humanitaire »
Le régime syrien avait lancé le 22 septembre une offensive majeure pour reprendre les quartiers est d'Alep. Mais ses succès ont été limités malgré l'appui de l'aviation russe et des bombardements meurtriers qui ont fait plus de 500 morts, selon l'Onu, et entraîné la destruction d'infrastructures civiles.
Les Occidentaux avaient alors dénoncé des « crimes de guerre », obligeant Moscou à décréter le 18 octobre un arrêt des bombardements sur les quartiers est, et dans la foulée une trêve humanitaire de trois jours pour permettre aux civils et aux rebelles qui le souhaiteraient de quitter ce secteur.
Malgré l'échec de la première trêve, la Russie a annoncé une nouvelle « pause humanitaire » de dix heures pour aujourd'hui, appelant les groupes armés à « mettre fin aux combats et à quitter Alep avec leurs armes ». « Cela ne donne assez de temps ni pour évacuer les malades et les personnes grièvement blessées ni pour acheminer l'aide humanitaire pour les habitants d'Alep », a toutefois estimé le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier.

Combats entre groupes rebelles rivaux
Parallèlement, des combats entre groupes rebelles rivaux ont éclaté hier dans les quartiers d'Alep assiégés par les forces gouvernementales, ont rapporté deux des groupes concernés et l'OSDH. Des combattants du Front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra) et des groupes Nour al-Dine al-Zinki et Abou Amara ont tenté de s'emparer de positions et de stocks d'armes du groupe Fastakim, a affirmé un responsable de ce groupe affilié à l'Armée syrienne libre (ASL). Un responsable de Nour al-Dine al-Zinki a déclaré que les combats avaient pris fin et que les groupes s'efforçaient de résoudre leurs désaccords.
Ailleurs en Syrie, une coalition de rebelles kurdes et arabes, les Forces démocratiques syriennes (FDS), a annoncé qu'elle « dirigerait » l'offensive pour déloger le groupe État islamique (EI) de son fief de Raqqa, affirmant toutefois que la Turquie n'y participerait pas. Les rebelles kurdes sont à la pointe de la lutte contre l'EI en Syrie et avaient notamment repris aux jihadistes leur fief stratégique de Manbij, mais ils sont considérés comme des « terroristes » par Ankara.
(Sources : agences)

Les rebelles ont relancé hier avec force leur offensive à Alep pour briser le siège imposé par le régime syrien aux quartiers qu'ils contrôlent, à la veille d'une nouvelle trêve « humanitaire » de dix heures décrétée par Moscou.Ainsi, après plusieurs jours d'accalmie, les combats ont repris dans l'ouest d'Alep. Les rebelles avaient lancé une première offensive le 28 octobre, partie de l'extérieur de la ville, pour tenter de briser le siège imposé par le régime de Bachar el-Assad aux quartiers de l'opposition, dans l'est. Plus de 250 000 personnes vivent dans ces quartiers, privées d'aide humanitaire depuis juillet et menacées de pénurie alimentaire, selon l'Onu.De violents affrontements secouaient la périphérie, rythmés par les explosions de voitures piégées et les frappes aériennes du régime et de son...
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