Hier matin à Miami, en Floride, Barack Obama a galvanisé les électeurs démocrates, affirmant haut et fort : « Il y a des moments où le cours de l’histoire peut changer. Ils ne se présentent pas si souvent (...), celui-ci en est un. » Nicholas Kamm/AFP
À cinq jours d'une élection que le monde entier attend, le suspense augmente dans la course à la présidence des États-Unis : la démocrate Hillary Clinton reste en tête des intentions de vote, mais son avance face au républicain populiste Donald Trump a fondu.
L'actuel occupant de la Maison-Blanche, Barack Obama, s'est chargé hier matin, avec un réel enthousiasme et un plaisir évident, de galvaniser les troupes démocrates dans ce qui sera peut-être l'État le plus crucial du scrutin du 8 novembre : la Floride. « Il y a des moments où le cours de l'histoire peut changer. Ils ne se présentent pas si souvent (...), celui-ci en est un », a lancé à Miami M. Obama. « C'est différent de ce que nous avons vu jusqu'ici », a-t-il ajouté. Dénonçant le danger que représenterait selon lui une présidence Trump, il a longuement ironisé sur l'homme d'affaires, son parcours, son attitude, son style : « Vous ne voulez pas confier les armes nucléaires à quelqu'un qui prend la mouche à cause d'un sketch humoristique du Saturday Night Live ! »
La veille au soir, à Chapel Hill, ville étudiante de Caroline du Nord, l'un des Etats qui peuvent faire basculer l'élection, M. Obama avait décoché : « Le sort de la République est entre vos mains. Vous avez l'occasion d'écrire l'histoire. Rejetez la peur ! Choisissez l'espoir ! Votez ! »
Inquiet d'une possible apathie électorale face au peu d'adhésion que suscite sa candidate, le camp démocrate déploie les grands moyens. Image forte à quelques heures de l'ouverture des bureaux de vote : Bill et Hillary Clinton, Barack et Michelle Obama se retrouveront ensemble lundi soir sur scène à Philadelphie, ville chargée de symboles.
Trump attaque Obama
Le dernier sondage CBS/New York Times, publié hier, crédite l'ancienne secrétaire d'État d'un score de 45 % contre 42 % pour le milliardaire. Le précédent sondage, publié à la mi-octobre, lui donnait une avance de 9 points. Repère encourageant cependant pour Mme Clinton, qui espère devenir la première femme présidente des États-Unis, 24 ans après l'élection de son mari Bill : les modèles du New York Times et du site FiveThirtyEight lui prédisent toujours la victoire, avec respectivement 86 % et 67 % de probabilité.
Facteur intéressant dans un festival d'invectives et d'accusations que les deux candidats se renvoient à la figure, plus de six Américains sur dix affirment avoir fait leur choix et assurent que la cascade de « révélations », plus ou moins fracassantes, de ces derniers jours ne les fera pas changer d'avis.
Longtemps à la peine dans les sondages, M. Trump, qui a retrouvé un second souffle depuis la relance de l'enquête du FBI sur les emails non sécurisés de Mme Clinton, est de nouveau revenu en Floride, où la victoire de George W. Bush s'était jouée à quelques centaines de voix en 2000. Hillary Clinton « ne devrait même pas être autorisée à être à la présidence », a-t-il lancé à Jacksonville, revenant très longuement sur l'affaire des emails. Le magnat de l'immobilier s'en est aussi pris directement à M. Obama : « Il est ici en campagne pour Hillary-la-crapule, pourquoi n'est-il pas à son bureau en train de créer des emplois pour les Américains ? »
Quelle que soit l'issue du scrutin, il sera assombri par un constat : la première puissance mondiale est plus que jamais déchirée, sourde aux appels à l'unité de M. Obama. Les deux camps, qui ne s'épargnaient pas depuis des mois, ont désormais abandonné tout sens de la nuance. Le candidat républicain a affirmé, mercredi, que l'élection de sa rivale risquerait de provoquer une « crise constitutionnelle sans précédent » et même une « troisième guerre mondiale ». Attaquée sur sa probité depuis des mois, Mme Clinton n'évoque plus qu'en passant son programme. Ses meetings sont devenus des récitations des pires propos de M. Trump sur les femmes, les immigrés, les musulmans...
(Source : AFP)


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