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Cimaises

Amir Hossein Zanjani dit la guerre avec des fleurs

L'artiste iranien expose ses mixed media à la galerie Les Plumes* avec une pointe de dérision et d'humour.

Amir Hossein Zanjani parle en métaphores, en sarcasme, en termes réinventés d’une guerre désormais pain quotidien.

« J'en avais assez de voir du sang, des corps démembrés, fracassés et des destructions partout. Le Moyen-Orient souffre depuis longtemps. Il a mal dans son corps et son esprit. Moi je suis issu d'une génération qui a vécu la guerre Iran-Irak. J'ai trouvé donc, en tant qu'artiste, cette manière d'être le miroir de notre temps. Mais autrement. »

Un miroir qui ne reflète pas l'image directe, mais ce qui se cache derrière. « Tous ces soldats et soldates que je reproduis sur mes toiles, qui sont en train de s'embrasser et de s'aimer, traduisent les dégâts que cause l'armée chez toute personne. L'état de vivre-ensemble dans un huis clos a des conséquences néfastes. C'est donc ma façon de militer et d'être antimilitariste », poursuit l'artiste.

Amir Hossein Zanjani parle en métaphores, en sarcasme, en termes réinventés d'une guerre désormais pain quotidien. S'il privilégie les femmes sur ses toiles, c'est parce que, selon lui, la paix est portée toujours par le genre féminin, alors que les hommes sont en quête de politique et de guerre. Par ailleurs, s'il combine plusieurs thèmes à la fois, l'artiste préfère mettre l'accent sur l'acte de peindre et non sur le concept en soi. « Je veux montrer ma peinture, comment la brosse balaie la toile, comment la couleur se marie avec d'autres, formant un alphabet en soi. » Cette peinture qu'on pourrait définir comme romantique. À la manière dont les personnages semblent surgir d'une autre époque, de cette brosse lourde, forte et comportant différentes couches. Un langage en plusieurs feuillets, c'est ce qu'offre l'artiste dans sa vision de la vie. Cet alphabet, le regard peut le décrypter dans les symboles que le peintre a parsemés dans son travail, même dans le choix des formes des toiles rondes et triangulaires.

Couleurs flamboyantes, fleurs phagocytant l'espace, techniques différentes avec poudres et poussières qui traversent les toiles témoignent d'un processus en marche. « La peinture contemporaine s'élabore en grande partie dans le processus de travail. Pour passer d'un côté du pont à l'autre, il faut plonger, tête en avant, prendre des risques. »
C'est pourquoi la peinture d'Amir Hossein Zanjani voyage. Non cloisonné, aspirant à des horizons nouveaux, l'artiste se réclame d'un esprit non attaché à la couleur locale. Mais pouvant toucher tout le monde.

 

*Galerie Les Plumes, jusqu'au 15 novembre.


« J'en avais assez de voir du sang, des corps démembrés, fracassés et des destructions partout. Le Moyen-Orient souffre depuis longtemps. Il a mal dans son corps et son esprit. Moi je suis issu d'une génération qui a vécu la guerre Iran-Irak. J'ai trouvé donc, en tant qu'artiste, cette manière d'être le miroir de notre temps. Mais autrement. »


Un miroir qui ne reflète...

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