Un tribunal allemand a examiné mercredi la requête du président turc Recep Tayyip Erdogan qui veut faire interdire la totalité d'un poème satirique l'insultant et dont la diffusion à la télévision avait provoqué au printemps une crise diplomatique germano-turque.
La chambre civile du tribunal de Hambourg (nord) rendra sa décision le 10 février, a annoncé la présidente du tribunal, Simone Käfer.
Lors d'une première audience tenue en référé en mai à Hambourg, M. Erdogan avait obtenu que Jan Böhmermann, présentateur d'une émission satirique sur la chaîne publique allemande ZDF, ne puisse plus répéter publiquement de larges extraits de son poème humoristique, diffusé le 31 mars et qui qualifiait le dirigeant turc de pédophile et de zoophile.
Le président turc veut désormais obtenir l'interdiction de l'ensemble du texte car il "n'a rien à voir avec l'art et la liberté artistique", a martelé à l'audience l'avocat du dirigeant turc, Michael-Hubertus von Sprenger, dénonçant des insultes proférées "sous couvert de l'art".
Le poème "n'est rien d'autre qu'une satire sous une forme artistique", a plaidé de son côté le conseil de M. Böhmermann, Christian Schertz qui plaide la liberté d'expression des artistes.
L'affaire avait pris une tournure très politique au printemps, la chancelière Angela Merkel ayant à la demande d'Ankara et en vertu d'un texte de loi datant du 19e siècle, permis au parquet d'engager une procédure pour "insulte à un représentant d'un État étranger", délit passible de trois ans de prison et qualifié par certains de "crime anachronique de lèse-majesté".
Dans ce volet pénal de l'affaire, la justice allemande a décidé en octobre de ne pas poursuivre l'animateur, jugeant que "les résultats de l'enquête montraient qu'aucun acte criminel n'a pu être prouvé". M. Erdogan a contesté cette décision, mais a été débouté, sa requête étant jugée "non fondée".
Jan Böhmermann avait expliqué avoir choisi à dessein l'exagération et l'insulte dans ce sketch pour montrer ce qu'est vraiment la diffamation et souligner par l'absurde que les critiques politiques adressées par les détracteurs de M. Erdogan en Turquie notamment, qui leur valent parfois des poursuites, n'en sont pas.
La chambre civile du tribunal de Hambourg (nord) rendra sa décision le 10 février, a annoncé la présidente du tribunal, Simone Käfer.
Lors d'une première audience tenue en référé en mai à Hambourg, M. Erdogan avait obtenu que Jan Böhmermann, présentateur d'une émission satirique sur la chaîne publique allemande ZDF, ne puisse plus répéter publiquement de larges extraits de son poème humoristique, diffusé le 31 mars et qui qualifiait le dirigeant turc de pédophile et de zoophile.
Le président turc veut désormais obtenir l'interdiction de...


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