Le chat dans les imprimés de Gucci, Marc Jacobs, Dolce & Gabbana, Stella McCartney, Miu Miu.
Branchées sur les réseaux sociaux comme à un lien vital, les maisons de mode s'en inspirent pour apporter la bonne réponse aux attentes qui flottent dans l'air du temps. Elles ne pouvaient pas échapper à l'engouement d'une grande partie d'internautes, notamment asiatiques, pour les chats. Il n'y a qu'à constater le nombre de réactions que suscite la moindre photo d'un chat pour comprendre le potentiel anthropomorphique et populaire du petit félin. Le chat est symbole de cocooning et de ronronnement au coin du feu. Plus que le chien, compagnon agité et fou de grands extérieurs, le chat est un casanier sensuel, éminemment féminin, complice des écrivains et des artistes et dont, dit-on, le ronronnement a un effet d'antidépresseur.
Toujours est-il qu'apparemment, sans se donner le mot, les grands créateurs ont décidé, cette saison, d'afficher le chat en effigie sur tous leurs imprimés. Karl Lagerfeld ne s'y est pas trompé qui, le premier, a érigé en star sa chatte Choupette, magnifique Sacré de Birmanie, petite boule de duvet blanc qui a son blog à elle toute seule et son service gourmet dans les palaces. « Duvet blanc » est d'ailleurs horriblement réducteur. Voici la description officielle qu'en fait son « papa »: « Ses poils sont couleur neige avec quelques touches caramel autour des yeux et des oreilles. Et sa queue interminable ressemble aux plumes d'un boa. Ses yeux sont bleu saphir étoilé. »
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Bref, il ne restait plus qu'à suivre le flair infaillible du kaiser de la mode. Non content d'envahir les réseaux sociaux, les comédies musicales (Cats continue à triompher sur les scènes les plus prestigieuses dans une nouvelle version lancée en 2014), la peinture et les arts, voici le chat dans nos vestiaires. Pas de panique, il n'y fera aucun dégât.
Sur les tops de Marc Jacobs (resort 2017), il est en méditation cosmique et des faisceaux rose fluo se dégagent de ses yeux.
Chez Dolce & Gabbana, qui déclinent depuis plusieurs collections le thème de l'Italie méridionale, il trouve enfin sa place, non pas dans les venelles de Naples mais sur une robe fluide, blanche ou rouge, où il joue, pur gouttière, tigré ou tacheté, les panthères miniatures. De plus il lève la patte pour inviter la chance, comme un maneki-neko, chat porte-bonheur des Chinois et des Japonais.
Chez Gucci, tricolore et vairon, il sort sa tête en gros plan et en motif de tapisserie entre les rayures pop d'un pull rose et noir.
Chez Loewe, où les sacs imitent un luxueux bestiaire en cuir, il se porte autour du cou. À la fois sautoir et réticule, en blanc à museau doré ou noir à museau blanc, lui aussi rappelle le maneki-neko.
Chez Stella McCartney, enfin, c'est le Sacré de Birmanie qui est à l'honneur, éthéré et romantique, envahissant un manteau façon tapisserie, ou imitant un imprimé planche à dessin sur des robes et pantalons de soie.
Fétiche d'une nouvelle année d'incertitude, le chat est à la fois attendrissant, sensuel, féminin et conjuratoire. Si, quelque part, il ne portait pas bonheur face aux pestes de toutes sortes, il n'occuperait pas une telle place dans notre iconographie.
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