Saad Hariri chez le patriarche Raï samedi. Photo Ani
Le patriarche maronite Béchara Raï a multiplié durant le week-end les déclarations en faveur de l'élection présidentielle tout en demandant aux futurs président et Premier ministre de raviver les institutions et de sortir le pays du « vide meurtrier » auquel il fait face depuis le début de la vacance présidentielle.
« Nous allons avoir un nouveau président de la République demain lundi (aujourd'hui), après le vide meurtrier de la présidentielle qui persiste depuis deux ans et demi... Nous attendons ce président ainsi que le nouveau gouvernement, et demandons aux blocs politiques de le créer rapidement, sans lui mettre des bâtons dans les roues », a dit Mgr Raï dans son homélie du dimanche à Bkerké.
« Nous espérons que le président de la République (à venir) et le Premier ministre désigné collaboreront avec des personnes capables, objectives et dignes de confiance qui éviteront au pouvoir exécutif les conflits paralysants, partisans et communautaires. Nous espérons également qu'ils réussiront à encadrer le travail des institutions publiques, à mettre fin à la corruption et à raviver la croissance économique dans tous les domaines », a-t-il dit.
Mgr Raï s'est par ailleurs adressé à la jeunesse libanaise, lui demandant « de ne pas être dans une situation d'attente négative mais de s'intégrer dans les institutions publiques et d'essayer de trouver du travail au Liban ».
Il a en outre appelé, dans un discours prononcé samedi à Aïn Saadé, à revenir aux principes dessinés par la « Charte de l'action politique à la lumière de l'enseignement de l'Église et de la spécificité du Liban », publiée par Bkerké en 2009, ainsi qu'au mémorandum national et au mémorandum économique publiés par l'Église maronite le 9 février 2014.
Hariri à Bkerké et chez Deriane
Le patriarche maronite avait reçu samedi le chef du courant du Futur, Saad Hariri, dont il a salué l'adoption de la candidature de Michel Aoun à la présidentielle. « Vous avez redonné l'espoir au peuple libanais. Vous êtes porteur de courage, d'espoir. La prise de décision (du soutien à la candidature de Aoun) et la présidentielle avaient besoin d'une intervention divine », a dit Mgr Raï, s'adressant à M. Hariri.
« Le pays est maintenant au seuil d'une nouvelle phase et j'espère que tout le monde va coopérer pour l'intérêt du Liban et du peuple libanais. Nous tournons une nouvelle page pour être en mesure de commencer cette nouvelle phase remplie de défis pour le gouvernement et l'État libanais, afin de relancer le pays financièrement et institutionnellement », a pour sa part souligné Saad Hariri.
L'ancien Premier ministre s'est également rendu samedi à Dar al-Fatwa où il a été reçu par le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, qu'il a mis au courant des derniers développements. « Nous avons tenu à rencontrer le mufti, particulièrement en cette nouvelle phase qui aboutira lundi (aujourd'hui) à l'élection d'un président de la République, le général Michel Aoun. J'ai informé le mufti de l'ensemble de mes consultations et réunions dans ce cadre », a indiqué M. Hariri.
Le patriarche Raï a en outre contacté samedi le chef du législatif, Nabih Berry, réitérant à l'occasion son appui « au travail du Parlement qui se manifestera par le biais de l'élection d'un président de la République et mettra fin au vide meurtrier, un événement que les Libanais attendent depuis deux ans et demi ».


