« Il doit y avoir un accord vendredi lors du sommet européen », a déclaré la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, au sujet du Traité de libre-échange entre l’UE et le Canada. François Lenoir/Reuters
La Commission européenne a lancé hier un ultimatum à la Belgique pour qu'elle donne vendredi son feu vert au Ceta, Traité de libre- échange avec le Canada, lors d'un sommet européen à Bruxelles.
« Il doit y avoir un accord vendredi lors du sommet européen (...). Nos amis canadiens ont besoin de savoir s'ils doivent réserver leurs billets ou pas » à la fin du mois, a déclaré aux journalistes la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, interrogée pour savoir si la date butoir était fixée au prochain sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'UE organisé demain et vendredi à Bruxelles.
Le ministre-président wallon, Paul Magnette, a cependant rejeté hier soir l'échéance posée par la Commission, au nom du « respect des procédures démocratiques », a indiqué l'agence Belga. « Il reste trop de problèmes pour trouver un accord d'ici à vendredi », a affirmé M. Magnette (PS).
Les 28 ministres européens du Commerce et l'exécutif européen se sont réunis hier à Luxembourg pour tenter, en vain, de débloquer la situation après le rejet du Ceta par la Wallonie, région francophone du sud de la Belgique. Vendredi dernier, l'Assemblée législative de la Wallonie (3,6 millions d'habitants), qui dispose de pouvoirs identiques à ceux d'un Parlement national, avait mis son veto au traité négocié pendant sept ans par Bruxelles et Ottawa. Ce refus des francophones de Belgique, unique en son genre dans toute l'Union européenne, a déclenché depuis une intense activité diplomatique.
La signature du traité avec le Canada est prévue le 27 octobre, lors d'un sommet UE-Canada à Bruxelles, en présence du Premier ministre canadien, Justin Trudeau. « Si nous ne parvenons pas à avoir d'accord, alors il n'y aura pas de sommet » le 27 octobre, a averti Mme Malmström.
« Trouver une solution »
« Les discussions avec la Belgique continuent pour trouver une solution », a affirmé le ministre slovaque de l'Économie, Peter Ziga, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE. « J'aimerais encourager toutes les personnes impliquées à conclure ce dossier. Nous ne pouvons pas perdre de temps », a-t-il exhorté.
Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, avocat du Ceta, a constaté qu'« il y a maintenant un accord de 27 États membres, on peut pratiquement dire de 27 et demi ou un peu plus, puisque pour la Belgique, le gouvernement fédéral et le gouvernement flamand ont décidé d'avancer et de permettre de procéder à la signature », à condition que la Wallonie revienne sur son refus.
« Aujourd'hui, la procédure va être de continuer le travail jusqu'au Conseil européen qui se tient jeudi et vendredi. Donc, on va continuer à répondre à toutes les questions posées (...) pour tenter de faire en sorte qu'on puisse passer de 27 ou 27 et demi à 28 États membres qui approuvent la signature du Ceta », a-t-il ajouté.
De son côté, Mme Malmström a mis en garde contre les conséquences désastreuses d'un rejet de l'accord avec le Canada. « Si on n'arrive pas à un accord avec le Canada, je ne suis pas sûre que nous arriverons à un accord avec le Royaume-Uni », a-t-elle dit.
Le Royaume-Uni a décidé le 23 juin, lors d'un référendum, de quitter l'UE. La Première ministre britannique, Theresa May, a annoncé qu'elle activerait avant la fin mars l'article 50 du traité de Lisbonne qui lancera les négociations de divorce.
« Aucun pays n'est plus proche de l'UE que le Canada. Si l'Europe n'arrive pas à s'entendre avec le Canada, avec qui peut-elle le faire ? » s'est alarmé le ministre allemand de l'Économie, Sigmar Gabriel, à l'issue de la réunion.
Dans un entretien au quotidien belge L'Écho hier, le président du Parti socialiste francophone belge et ancien Premier ministre Elio Di Rupo a accusé la Commission européenne « d'avoir snobé » la Wallonie. « La Commission européenne n'a jamais daigné lui répondre », a-t-il reproché.
(Source : AFP)

