Barack Obama a critiqué, hier, Donald Trump pour ses propos flatteurs sur le président russe Vladimir Poutine, « sans précédent dans la politique américaine ». Nicholas Kamm/AFP
Le président américain Barack Obama a violemment attaqué hier Donald Trump, accusant notamment ce dernier d'être « irresponsable » lorsqu'il affirme que l'élection présidentielle du 8 novembre sera truquée.
« C'est irresponsable et, entre nous, cela ne montre pas (les qualités) de dirigeant et de fermeté que l'on attend d'un président », a déclaré M. Obama, lors d'une conférence de presse à Washington. « Vous commencez à pleurnicher alors que la partie n'est même pas terminée. Je n'ai jamais vu de ma vie, ou dans l'histoire politique moderne, un candidat à la présidentielle chercher à discréditer les élections et le processus électoral avant que le vote n'ait lieu. C'est sans précédent et ce n'est basé sur aucun fait », a insisté M. Obama. « Je conseillerai à M. Trump d'arrêter de pleurnicher et d'essayer de défendre ses opinions pour obtenir des suffrages », a-t-il ajouté. M. Obama a également critiqué M. Trump pour ses propos flatteurs sur le président russe, Vladimir Poutine, là encore « sans précédent dans la politique américaine ».
Cette attaque est intervenue à la veille du troisième et dernier débat télévisé entre les deux candidats à la présidentielle, le républicain Donald Trump et la démocrate Hillary Clinton. Le milliardaire y arrive à la traîne dans les sondages, affaibli par les révélations sur son comportement déplacé envers les femmes. Ce débat de 90 minutes aura lieu à l'université du Nevada, à Las Vegas. Au programme : dette, immigration, économie, Cour suprême, les points chauds dans le monde et la capacité de deux candidats à être président.
Comme à son habitude, Mme Clinton s'y est minutieusement préparée. Elle n'avait aucun événement public prévu lundi et hier. Comme à son habitude aussi, M. Trump a continué à faire campagne, enflammant ses partisans, chaque jour plus agressif envers son adversaire démocrate et critiquant sans relâche une élection, selon lui, déjà truquée. Il avait encore deux meetings prévus hier dans le Colorado. « Les gens qui sont morts il y a dix ans votent encore, les immigrants clandestins votent, avait-il tonné lundi soir, dans un meeting à Green Bay, dans le Wisconsin. La fraude est très, très banale. »
Une affirmation contredite par les experts et par certains élus républicains très mal à l'aise, mais qui fait mouche auprès de ses partisans. D'où l'attaque de M. Obama. Dans le climat particulièrement destructeur de la campagne, 41 % des électeurs américains, et 73 % des républicains, pensent que l'élection pourrait effectivement être volée à M. Trump, selon un sondage Politico/Morning Consult.
(Source : AFP)

