Une image, prise d’une vidéo diffusée le 14 août dernier sur YouTube, montre un combattant de Boko Haram debout devant un groupe des lycéennes de Chibok. Photo AFP
Vingt et une lycéennes de Chibok, enlevées par le groupe jihadiste nigérian Boko Haram il y a plus de deux ans, ont été libérées par leurs ravisseurs hier.
Les jeunes filles ont été « échangées contre 4 prisonniers de Boko Haram ce matin », dans la région de Banki (frontière du Cameroun), a indiqué hier une source locale. « Les filles ont été amenées à Kumshe, à 15 km de Banki (...) vers 03h00. Les 4 combattants de Boko Haram sont arrivés à Banki depuis Maiduguri dans un hélicoptère de l'armée, et ont été conduits à Kumshe dans des véhicules du CICR (Comité international de la Croix-Rouge) », a rapporté cette source proche du dossier. Les jeunes filles ont ensuite été emmenées à Maiduguri, capitale du Borno, par hélicoptère, mais selon les autorités locales, elles seraient actuellement en route pour la capitale administrative Abuja, où elles devraient recevoir un suivi médical et psychologique.
Garba Shehu, porte-parole de la présidence nigériane, a confirmé la libération, « facilitée par le CICR et le gouvernement suisse », dans un communiqué, sans toutefois évoquer un quelconque échange de prisonniers. « Le président Muhammadu Buhari se félicite de la libération des filles, mais rappelle aux Nigérians que plus de 30 000 citoyens ont été tués par le terrorisme » de Boko Haram, ajoute le communiqué, précisant que les noms des jeunes filles libérées seraient bientôt dévoilés. Le ministre nigérian de l'Information, Lai Mohammad, a pour sa part déclaré que cette libération n'avait pas été obtenue en échange de prisonniers. « Veuillez noter que cela n'était pas un échange. Cette libération est le fruit de douloureuses négociations et de confiance des deux côtés », a déclaré le ministre, lors d'une conférence de presse à Abuja. Il a ainsi démenti les informations, divulguées par les sources locales, selon lesquelles les lycéennes avaient été échangées contre quatre combattants.
De son côté, le CICR n'a pas souhaité commenter cette information, mais pour les experts, la Croix-Rouge est un « interlocuteur très crédible de la région », et ce choix de partenariat n'est pas une surprise. Le mouvement Bring Back Our Girls, qui lutte pour la libération des jeunes filles de Chibok kidnappées alors qu'elles passaient leurs examens, a déclaré attendre la confirmation de leur identité.
Parmi les 276 lycéennes enlevées par Boko Haram, le 14 avril 2014, 57 avaient réussi à s'échapper juste après le rapt, et l'une d'elles a été retrouvée par l'armée nigériane au mois de mai dernier. Relayé par les médias du monde entier, ce kidnapping de masse avait provoqué une vague d'indignation mondiale, jusqu'à la Maison-Blanche de Washington, où Michelle Obama avait brandi une pancarte avec le hashtag #Brinbackourgirls, relayé sur Twitter.
(Source : AFP)

