La visite de Fouad Siniora dans la nouvelle école publique modèle de Saïda.
L'ancien Premier ministre et actuel chef du bloc du Futur, Fouad Siniora, est rentré hier en milieu de journée à Beyrouth du Caire où il s'est notamment entretenu avec le cheikh d'al-Azhar, Ahmad Tayyeb. Les deux hommes ont planché sur la manière dont il convient de lutter contre l'extrémisme religieux qui est en train de « mettre à mal l'image de l'islam ». Ils ont également examiné les moyens permettant de renforcer l'islam modéré.
Fouad Siniora se trouvait en Égypte depuis dimanche dernier dans le cadre de sa participation à la première rencontre culturelle égyptienne organisée par le quotidien al-Ahram.
Dans l'allocution qu'il a prononcée lors de la conférence, l'ancien Premier ministre a d'emblée estimé que l'Égypte, à l'instar du Liban, souffre des mêmes maux et de la nécessité de voir son équipe politique se renouveler. « Durant près d'un siècle, le Liban et l'Égypte se sont relayés les rôles culturels de premier plan », a noté Fouad Siniora avant de regretter que le passé proche des deux pays est plus marqué « par des échecs que par des succès » tant sur le plan politique que social et culturel. Il a d'autre part souligné que les troubles dans la région du Moyen-Orient ont notamment eu pour effet d'exacerber l'extrémisme religieux violent et transfrontalier, voire transcontinental. Pour M. Siniora, « abstraction faite des parties qui appuient ces organisations extrémistes, la véritable raison de la multiplication de ces groupuscules extrémistes est le recul du rôle des intellectuels » dans la région. Il a ainsi qualifié la rencontre du Caire de « lueur d'espoir ». Toutefois, « dire que nous voulons produire une culture arabe nouvelle est exagéré et difficile », notamment à l'aune de la déstabilisation politique qui secoue les régimes de la région, car « le culturel et le politique » sont intimement liés, a-t-il également expliqué. Il a poursuivi en indiquant que « le climat au Liban est bien plus pessimiste qu'en Égypte », et même s'il n'est pas « très inquiet » pour l'avenir du pays il n'en reste pas moins qu'il convient, selon lui, de « se dépêcher de revenir à la Constitution, d'élire un président de la République et de mettre un terme à la vacance présidentielle afin d'éviter des dégâts supplémentaires ».
Au Liban, comme en Égypte d'ailleurs, il faut « renouveler l'expérience d'un État moderne et prendre en considération les critères de compétence et de mérite tant dans le domaine politique que sur le plan administratif », a-t-il aussi souligné. Pour lui, l'impact du « réveil » provoqué par les révolutions de Beyrouth en 2005 et du Caire en 2011 est toujours présent en dépit des obstacles et des échecs qui l'ont ensuite émaillé.
À Saïda
En soirée, Fouad Siniora a arpenté le centre de tri des déchets de Saïda et le port de la ville ainsi qu'une école publique modèle financée par le sultanat d'Oman.
Au port, il a constaté l'avancement des travaux de réhabilitation et de nettoyage, en vue de sa transformation en port de pêche moderne. Le but de la tournée était de vérifier que les remarques qu'il avait précédemment formulées en ce qui concerne le bon déroulement de la pêche et des activités du port ont été prises en compte.
Lors de sa visite à l'école publique, il s'est félicité de l'inauguration de l'établissement qui accueille 850 élèves libanais, de jour, et 550 élèves de nationalité syrienne et qui détiennent le statut de réfugiés, de nuit.


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