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Économie - Commerce

Le gotha économique international plaide pour une mondialisation « différente »

Lors de l'ouverture de leur assemblée annuelle, le FMI et la Banque mondiale ont continué à pointer du doigt le risque de replis protectionnistes tout en changeant singulièrement de ton sur certaines failles de la mondialisation.

La mondialisation « doit être légèrement différente, cela ne peut pas se résumer à la promotion du commerce international », a affirmé Christine Lagarde, patronne du FMI. Zach Gibson/AFP

La poussée protectionniste aux États-Unis et en Europe inquiète les grands dirigeants économiques du globe autant qu'elle les contraint à un délicat exercice d'équilibriste : continuer à défendre le libre-échange tout en admettant les failles de la mondialisation.
À un mois d'une élection présidentielle américaine indécise, l'assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM) s'est ouverte hier à Washington sur une mise en garde : tourner le dos au commerce mondial ne fera qu'aggraver les maux de l'économie planétaire.
« Nous savons que la mondialisation a fonctionné et qu'elle a considérablement profité à de nombreuses personnes », a affirmé la patronne du FMI, Christine Lagarde. « Nous ne pensons pas que ce soit le moment d'aller contre (elle) », a-t-elle ajouté, appelant les États à passer « à l'action » pour soutenir une activité mondiale en décélération.
Les grandes puissances du G20, se réunissant jusqu'à vendredi à Washington, devraient marteler le même message. Mais le contexte n'est pas favorable.
Aux États-Unis, grands promoteurs de la libéralisation des échanges, le candidat républicain Donald Trump promet une guerre commerciale avec la Chine et l'imposition de représailles douanières contre le Mexique. De l'autre côté de l'Atlantique, le vote britannique en faveur du Brexit menace de faire reculer l'intégration économique en Europe sur fond d'emplois en berne. Le TTIP, traité de libre-échange en discussion avec les États-Unis, rencontre par ailleurs une forte résistance en Europe.

Sourde oreille
Après des années à faire la sourde oreille, le gotha économique mondial se trouve contraint et forcé de reconnaître que la mondialisation a ses failles.
La mondialisation « doit être légèrement différente, cela ne peut pas se résumer à la promotion du commerce international tel qu'on l'a vu dans l'histoire », a ainsi déclaré Mme Lagarde, appelant à se pencher davantage sur ceux « qui risquent d'être laissés sur le bord du chemin. »
Son homologue de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a reconnu que les inégalités étaient encore « trop fortes ». « Nous devons faire en sorte que la croissance soit plus équitable », a-t-il ajouté.
Les États-Unis ont reconnu que la libéralisation de l'économie mondiale avait fait naître une « peur », selon l'expression de leur secrétaire au Trésor Jack Lew. Il y a, selon lui, la crainte que la croissance « ne profite pas aux gens là où ils vivent », a-t-il indiqué hier.
Cet examen de conscience collectif doit être suivi d'actions, a exhorté l'organisation Oxfam. « La colère contre les élites à travers le globe est un symptôme d'une fureur généralisée contre une économie qui bénéficie aux 1 % (des plus riches). Nous devons avoir une économie qui fonctionne pour les autres 99 % », a déclaré Max Lawson, un cadre de l'organisation.
La montée du protectionnisme est le signe d'une « grande méfiance vis-à-vis des élites financières », a affirmé à l'AFP Paulo Nogueira Batista, vice-président de la Banque de développement créée par les grands pays émergents des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).
Rééquilibrer et relancer la croissance en même temps : le défi n'est pas mince au moment où les politiques monétaires ultra-accomodantes des banques centrales semblent avoir atteint leur limite et où la plupart des États ne peuvent se permettre de plans de relance. Dans ce contexte, Mme Lagarde a appelé les 189 États membres à investir dans l'éducation et surtout à ne pas céder au défaitisme.
(Source : AFP)

La poussée protectionniste aux États-Unis et en Europe inquiète les grands dirigeants économiques du globe autant qu'elle les contraint à un délicat exercice d'équilibriste : continuer à défendre le libre-échange tout en admettant les failles de la mondialisation.À un mois d'une élection présidentielle américaine indécise, l'assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM) s'est ouverte hier à Washington sur une mise en garde : tourner le dos au commerce mondial ne fera qu'aggraver les maux de l'économie planétaire.« Nous savons que la mondialisation a fonctionné et qu'elle a considérablement profité à de nombreuses personnes », a affirmé la patronne du FMI, Christine Lagarde. « Nous ne pensons pas que ce soit le moment d'aller contre (elle) », a-t-elle ajouté,...
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