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Économie - Conjoncture

Les investisseurs s’inquiètent du coup de froid sur l’économie turque

« Il suffit de mettre quelques pièces dans leurs poches pour avoir la notation que l’on souhaite », a déclaré hier le président turc Recep Tayyip Erdogan à propos de Moody’s, qui a abaissé la note souveraine la semaine dernière. Adem Altan/AFP

La Turquie a beau fulminer après l'abaissement de sa note par l'agence Moody's en catégorie spéculative, sa croissance économique s'essouffle et les conséquences du putsch avorté de juillet inquiètent les marchés.
Depuis l'arrivée au pouvoir en 2002 de l'AKP, le pays enregistrait de forts taux de croissance annuelle. Des millions de Turcs ont vu leurs revenus croître et dans des régions reculées d'Anatolie des industries florissantes ont germé.
Dans un contexte de crise économique globale, l'économie turque a surpris même les détracteurs des politiques du président Recep Tayyip Erdogan en affichant une bonne santé en 2015 avec un taux de croissance de 4 %. Elle a fait mentir ceux qui prévoyaient son effondrement après la tentative de coup d'État de la-mi juillet.
Mais déjà avant l'annonce de l'abaissement par Moody's la semaine dernière, l'économie avait commencé à montrer des signes d'essoufflement.
La production industrielle a chuté en juillet et la croissance économique au 2e trimestre s'est ralentie à 3,1 % contre 4,7 % au premier trimestre, une tendance baissière qui devrait se confirmer lors des prochains mois.
« La demande domestique semble avoir baissé rapidement après la tentative de coup d'État, en raison d'un manque de confiance », a expliqué à l'AFP William Jackson, spécialiste des marchés émergents de Capital Economics, basée à Londres. Selon lui, la croissance turque pourrait tout juste atteindre 2 % en 2017.

Risque de défaut de paiement
Doutant de sa capacité à rembourser sa dette à long terme, Moody's a abaissé la note de la Turquie de Baa3 à Ba1, en catégorie spéculative. C'est la deuxième agence après Standard and Poor's, en juin, à abaisser la note du pays.
Pour justifier sa décision, Moody's a souligné la vulnérabilité de l'économie turque aux financements extérieurs. La balance des comptes courants est déficitaire et le secteur touristique, qui compte pour 4,4 % du PIB et pour 15 % des recettes extérieures, est en fort repli.
Sur le premier semestre 2016, les arrivées de touristes ont chuté de 27,9 %. En août, – premier mois entier recensé après le coup d'État avorté – elles ont même chuté de 38 % sur un an, selon des données du ministère du Tourisme.
La multiplication des attentats en Turquie ces derniers mois, tantôt attribués aux jihadistes du groupe État islamique, tantôt revendiqués par la rébellion kurde, est sans doute responsable du recul, estime Michael Harris, responsable de recherche à la banque d'investissement Renaissance Capital.
La purge menée par Ankara au lendemain du putsch avorté, avec l'arrestation ou le licenciement de dizaines de milliers de personnes dans l'administration (magistrature, éducation, armée, police, etc.), pourrait freiner la croissance, estime par ailleurs Moody's, qui s'interroge sur l' « efficacité » de la politique du gouvernement.
« Tant que la confiance des marchés ne sera pas revenue, et que la crise politique ne sera pas derrière nous, il est plus probable que l'économie turque va décevoir », prévient Michael Harris, soulignant toutefois que le pays a fait preuve ces dernières années de rigueur fiscale. Il a maintenu sous contrôle le ratio de la dette par rapport au PIB et mené à terme une réforme-clé des retraites.
Ulcéré par la décision de Moody's, Ankara s'est vivement défendu. M. Erdogan s'en est violemment pris hier à l'agence de notation, l'accusant d'être corrompue. « Abaissez la note de la Turquie comme vous voulez. Cela ne reflète pas la réalité de la Turquie qui continue d'investir et de croître », a-t-il déclaré dans une allocution devant des élus locaux à Ankara. « Il suffit de mettre quelques pièces dans leurs poches pour avoir la notation que l'on souhaite. Ils fonctionnent de cette manière », a-t-il ajouté. De son côté, le vice-Premier ministre Mehmet Simsek, figure appréciée des marchés financiers, avait écrit mardi sur Twitter que « La meilleure réponse à apporter aux agences de notation (...) c'est d'accélérer les réformes. »

(Source : AFP)

La Turquie a beau fulminer après l'abaissement de sa note par l'agence Moody's en catégorie spéculative, sa croissance économique s'essouffle et les conséquences du putsch avorté de juillet inquiètent les marchés.Depuis l'arrivée au pouvoir en 2002 de l'AKP, le pays enregistrait de forts taux de croissance annuelle. Des millions de Turcs ont vu leurs revenus croître et dans des régions...
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