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Liban - Jeunesse

Un camp d’été pour dépasser le tabou du communautarisme

L'association Chaml a regroupé des adolescents venant de tout le Liban, en août, pour un séjour de trois jours à Dhour el-Choueir. Ils ont discuté de sujets divers, tels que le sectarisme et la citoyenneté, en se basant sur la communication non violente.

Des adolescents de toutes communautés confondues se rassemblent au camp d’été.

« Nous avons été très surpris de voir à quel point l'image que l'on nous donne des autres communautés est fausse », note Jana Kalaaji, 17 ans. Avec trente-cinq autres jeunes Libanais âgés de 15 à 18 ans, elle a participé au camp d'été du 29 au 31 août. L'objectif de ce séjour était de rassembler des adolescents originaires de différentes régions afin qu'ils apprennent à se connaître et à maîtriser les voies alternatives à la violence.
Fondée en 2008, Chaml est une organisation non gouvernementale qui insiste sur l'utilisation de méthodes pacifiques dans les résolutions des conflits. Ses activités sont diverses, allant du lobbying au travail auprès des enfants dans les écoles. Pour la seconde édition de ce camp de jeunesse financé par l'association, filles et garçons de toutes communautés confondues ont été réunis. Provenant des lycées avec lesquels Chaml travaille pendant l'année, ils sont venus du Chouf, de Saïda, Tripoli, Baalbek ou encore Beyrouth, sur la base du volontariat. Rafic Zakharia relate qu'il a fortement encouragé son fils âgé de 15 ans, Rami, à participer au projet afin « qu'il constate les effets néfastes de la guerre sur les mentalités aujourd'hui ».
Sous la supervision des éducateurs formés à l'université partenaire de Chaml, AUNOHR (Academic University for Non-Violence and Human Rights in the Arab World), les jeunes ont participé à des jeux, histoire de briser la glace. L'objectif était de « casser les barrières dès le premier jour, commente Jana Abi Merchid, une des éducatrices. Ils se sont rapprochés, ont parlé de leurs conditions de vie et de leurs rêves. »
Par le biais de travaux encadrés et d'exercices ludiques, ils sont entrés dans le vif du sujet. Lors d'un atelier, ils ont honnêtement partagé les préjugés que chacun avait à propos des autres communautés. L'exercice s'est déroulé sans accroc : « Il n'y avait pas de tensions et personne ne s'est vexé car nous savions que le but du jeu était de renverser les stéréotypes », affirme Rami Zakharia. Une méthode qui semble porter ses fruits. « Ces jeunes se sont découvert des points communs alors qu'ils sont conditionnés à penser que tout les oppose, observe Hala Bou Ali, la coordinatrice générale du projet. Certains n'avaient jamais été au contact d'autres groupes. »
Tania Awad Ghorra, une des éducatrices, constate que le groupe était « hétérogène et dynamique » et « surtout prêt à recevoir ces nouvelles informations ». Elle a défini avec les adolescents ce qu'est la violence, puis a abordé avec eux les principes de la communication non violente (CNV). « Nous voulons leur transmettre que la force n'est pas dans le port des armes, relève Mme Bou Ali,elle implique la maîtrise de soi. »
Le groupe a aussi abordé les problèmes sociaux. Chacun a présenté sa région et les problèmes auxquels il est directement confronté. Les jeunes ont alors été répartis en équipe pour tenter de trouver des solutions. Rami Zakharia était dans le groupe affecté à Beyrouth. « Nous avons constaté que la ville manque d'espaces verts, explique-t-il, nous avons donc échangé des idées sur ce que nous pourrions faire en tant que citoyens pour conserver les parcs et y attirer les Beyrouthins. » Jana Kalaaji, quant à elle, s'est penchée avec son équipe sur le manque d'accès aux soins médicaux à Jabal Mohsen. Le but est de continuer à travailler avec Chaml durant l'année pour tenter d'appliquer les solutions qu'ils ont trouvées.
Concernant le bilan final, les jeunes semblent ravis. « J'ai beaucoup appris et nous avons tissé de forts liens d'amitié au sein du groupe, affirme Jana Kalaaji, nous avons gardé contact depuis la fin du séjour et espérons nous revoir. » Rami Zakharia confie qu'il n'était pas très enthousiaste à l'idée de participer au camp de jeunesse au début mais il a « très vite changé d'avis lorsque j'ai fait la connaissance des autres membres » et « a fortement apprécié les activités ». La mère de Jana, Effat Malass, et le père de Rami, Rafic Zakharia, rapportent les mêmes impressions : « Nos enfants se sont plaints en rentrant que le voyage était trop court ! » M. Zakharia raconte que « Rami ne cesse d'encourager ses amis à y participer l'année prochaine ».
Il est probablement trop tôt pour parler de changement dans le comportement des adolescents dès la fin du séjour, selon Mme Bou Ali. Cependant, les éducatrices et les jeunes ont tous constaté l'impact des travaux encadrés sur leur manière de réfléchir. Le camp d'été a permis d'approfondir le travail que Chaml réalise dans les écoles et les lycées pendant l'année. « Nous leur donnons les outils pour apprendre à dire les choses de manière juste et dans le respect mutuel, conclut Mme Abi Merchid. Il faut continuer le travail avec ces jeunes et attendre les résultats sur le long terme. »

« Nous avons été très surpris de voir à quel point l'image que l'on nous donne des autres communautés est fausse », note Jana Kalaaji, 17 ans. Avec trente-cinq autres jeunes Libanais âgés de 15 à 18 ans, elle a participé au camp d'été du 29 au 31 août. L'objectif de ce séjour était de rassembler des adolescents originaires de différentes régions afin qu'ils apprennent à se connaître et à maîtriser les voies alternatives à la violence.Fondée en 2008, Chaml est une organisation non gouvernementale qui insiste sur l'utilisation de méthodes pacifiques dans les résolutions des conflits. Ses activités sont diverses, allant du lobbying au travail auprès des enfants dans les écoles. Pour la seconde édition de ce camp de jeunesse financé par l'association, filles et garçons de toutes communautés confondues ont...
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