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Moyen Orient et Monde - États-Unis

À Charlotte, la police sous pression pour diffuser les images du drame

Des manifestants appellent à visionner la vidéo montrant l’homicide d’un Noir abattu par un policier, à Charlotte. Mike Blake/Reuters

La police de Charlotte, dans le sud-est des États-Unis, se trouvait sous une intense pression hier pour rendre publique une vidéo montrant l'homicide d'un Noir abattu par un policier, après une troisième nuit consécutive, relativement calme, de manifestations, malgré l'instauration d'un couvre-feu.
Le refus par la police locale de publier cette vidéo contraste avec l'attitude des autorités de l'Oklahoma, où une affaire similaire est survenue vendredi dernier à Tulsa. La diffusion de vidéos avait alors permis une avancée rapide de l'enquête et l'inculpation quelques jours plus tard de la policière incriminée.
Les demandes pressantes des manifestants concernant les vidéos à Charlotte, en Caroline du Nord, où la nuit de jeudi à vendredi a été émaillée de violences sporadiques, mais a été calme comparée aux deux précédentes, ont toutefois été entendues à moitié. La police a accepté de montrer aux proches de Keith Lamont Scott, l'homme de 43 ans tué mardi, les images du drame. Mais celles-ci ne permettent pas d'éclaircir le point de discorde principal entre la police, qui affirme que Keith Scott tenait une arme à la main, et ses proches, qui affirment qu'il s'agissait d'un livre, selon l'un des avocats de la famille.
« J'aimerais qu'elle soit rendue publique », a concédé hier la maire de Charlotte, Jennifer Roberts, affirmant sur CNN que les discussions sur la question étaient en cours. Si elle affirme ne « pas avoir l'autorité, individuellement, pour réclamer que la vidéo soit publiée », la maire a défendu le timing. « Nous voulons nous assurer, par exemple, que nous ne modifions pas le point de vue des témoins sur ce qui s'est passé » en diffusant ces images. « Nous avons un passé de disparités raciales, a par ailleurs reconnu Jennifer Roberts. Et nous travaillons dur dans cette ville pour combler ce fossé. »

Transparence
La pression, elle, s'accentue et ne vient pas que de la rue.
« Il n'y a aucune raison légale de cacher la vidéo au public, et dans cette situation tendue, le meilleur moyen de dissiper la méfiance de la communauté est la transparence complète », a fustigé hier le New York Times.
La ministre américaine de la Justice, Loretta Lynch, s'est également prononcée à demi-mot en faveur d'une publication des images. « Je ne vais pas donner de directives à la police tout de suite, a-t-elle expliqué jeudi. Je pense toutefois que dans des situations où l'information est rendue publique, même quand cette information est difficile à regarder (...), le fait d'offrir une plus grande transparence est plus utile que l'inverse. »
Cela s'est notamment vérifié à Tulsa, où un autre Noir, Terence Crutcher, a été abattu vendredi dernier alors qu'il était tenu en joue par les policiers après avoir marché jusqu'à son véhicule les mains en l'air. La policière auteure du tir mortel a été inculpée jeudi d'homicide involontaire. Visée par un mandat d'écrou, elle a été libérée hier après avoir réglé une caution de 50 000 dollars.
Sur le terrain, l'atmosphère s'est nettement calmée. Les forces de l'ordre se sont tenues à l'écart des manifestants et ont renoncé à faire appliquer le couvre-feu pour éviter de mettre de l'huile sur le feu. Mis à part quelques manifestants dispersés au gaz lacrymogène sur une autoroute, la violence était absente à Charlotte, où plusieurs centaines de personnes protestaient sous l'œil des militaires de la garde nationale, venus en renfort.
La mort de Keith Scott, dénoncent les manifestants, est le dernier symbole en date des brutalités policières que subissent les Noirs aux États-Unis. Ces deux dernières années, les tensions raciales se sont électrisées dans un pays régulièrement choqué par les homicides d'Afro-Américains, parfois non armés, abattus par la police.
(Source : AFP)

La police de Charlotte, dans le sud-est des États-Unis, se trouvait sous une intense pression hier pour rendre publique une vidéo montrant l'homicide d'un Noir abattu par un policier, après une troisième nuit consécutive, relativement calme, de manifestations, malgré l'instauration d'un couvre-feu.Le refus par la police locale de publier cette vidéo contraste avec l'attitude des autorités de l'Oklahoma, où une affaire similaire est survenue vendredi dernier à Tulsa. La diffusion de vidéos avait alors permis une avancée rapide de l'enquête et l'inculpation quelques jours plus tard de la policière incriminée.Les demandes pressantes des manifestants concernant les vidéos à Charlotte, en Caroline du Nord, où la nuit de jeudi à vendredi a été émaillée de violences sporadiques, mais a été calme comparée aux deux...
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