Le camp palestinien de Aïn el-Héloué. Photo Ani
Le camp de Aïn el-Héloué a été le théâtre d'une flambée nocturne hier soir. Des bruits d'explosions de roquettes ont été entendus à l'intérieur du camp, ainsi que des tirs d'armes automatiques. Au moins une maison a brûlé du fait des affrontements. Les forces de l'ordre se sont ensuite déployées pour ramener le calme. La tension était montée d'un cran ces deux derniers jours, après le décès d'un chauffeur de taxi, Simon Taha, dans le camp. Il avait été tué par balle, lundi dernier, rue al-Fawkani, alors qu'il était au volant de sa voiture. Une grève générale pour protester contre cet assassinat s'était poursuivie hier, pour la deuxième journée consécutive, dans le camp. Les commerces, les écoles et les institutions de l'Unrwa avaient observé la fermeture totale, à l'appel des comités populaires. Seules se sont abstenues les institutions de santé et de protection de l'environnement.
Par ailleurs, deux Palestiniens recherchés par la justice, Ibrahim Mohammad Kanaan du camp de Aïn el-Héloué et Nabil Assem Hammoud du camp de Rachidiyé, se sont livrés hier aux services de renseignements de l'armée libanaise, au Liban-Sud.
Plus tôt dans la journée, l'ancien ministre Fayçal Karamé a reçu hier à son bureau à Tripoli une délégation du Hamas présidée par le responsable politique du mouvement au Liban-Nord, Abou Rabih al-Chéhabi. La rencontre a porté sur le récent incident qui s'est déroulé dans le camp palestinien de Beddaoui, une bagarre durant la fête de l'Adha entre des jeunes Libanais et des Palestiniens, qui a fait deux blessés. Les membres de la délégation ont expliqué leur vision des faits. Ils n'ont pas manqué d'évoquer les conditions de vie dans les camps et les revendications du peuple palestinien. « Nous regrettons que la cause palestinienne essentielle ait été reléguée aux oubliettes par les Arabes », a affirmé M. Karamé. Il a toutefois estimé que l'incident de Beddaoui « n'est qu'un nuage d'été », affirmant que les responsables palestiniens et les services sécuritaires libanais tentent de régler l'affaire conjointement. Pour rappel, deux Palestiniens qui avaient pris part à l'incident se sont rendus avant-hier à l'armée. Mais cette dernière réclame dans la foulée la reddition du jeune Chadi el-Khatib, soupçonné d'avoir contribué au recrutement et à l'envoi de jeunes combattants palestiniens en Syrie. Il est également soupçonné d'avoir pris part au conflit en Syrie.

