Le Premier ministre Tammam Salam rentre à Beyrouth dans les heures à venir, après une semaine passée loin de Beyrouth, à New York, en compagnie du chef de la diplomatie, Gebran Bassil. Ce dernier, à l'origine du boycott du Conseil des ministres, a participé à la même délégation que le président du Conseil, assistant aux mêmes réunions que lui en marge de l'Assemblée générale de l'Onu. Mais l'escalade prévue par le Courant patriotique libre (CPL) attend le Premier ministre dès son retour dans la capitale libanaise. Le chef du courant du Futur, le député et ancien Premier ministre Saad Hariri, n'est pas retourné au Liban et n'a pas modifié sa position concernant son soutien au leader des Marada, le député Sleiman Frangié. Partant, l'escalade devrait débuter dès la semaine prochaine, avec le retour du chef du CPL, le 26, des États-Unis. La tension n'est pas retombée en l'absence de Tammam Salam. La campagne médiatique menée contre le courant du Futur et Saad Hariri de la part des députés du CPL et des cadres supérieurs du Hezbollah s'est poursuivie. C'est l'ancien Premier ministre qui est pointé du doigt par le tandem CPL-Hezbollah comme responsable de la non-élection de Michel Aoun à la présidence de la République.
Par ailleurs, le Premier ministre aurait perçu, de sources bien informées, au cours de ses rencontres avec les responsables internationaux à New York, le peu d'intérêt américain pour les souffrances endurées par le Liban du fait de la crise des réfugiés syriens. Le président des États-Unis a loué le Canada et l'Allemagne pour l'accueil réservé aux réfugiés, mais n'a rien dit du Liban, qui assume à lui seul un fardeau exceptionnel dans la crise. Barack Obama n'a pas rencontré la délégation libanaise pour discuter avec elle de cette crise qui menace désormais le pays à tous les niveaux, quand bien même le président américain a été témoin de l'allocution de Tammam Salam à New York. Le président français François Hollande a fait preuve de plus d'empathie, proposant son aide aussi bien au niveau de l'élection présidentielle que des réfugiés syriens. Il a également fait part de son intention de discuter de l'échéance présidentielle avec les responsables iraniens et saoudiens à New York. Mais des sources diplomatiques indiquent que les réactions iranienne et saoudienne auraient été peu encourageantes, et la situation n'aurait pas progressé à ce niveau.
Liban - Dans Les Coulisses De La Diplomatie
L’escalade du CPL attend Salam dès son retour
OLJ / Par Khalil FLEYHANE, le 22 septembre 2016 à 00h00

