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Économie - Transports

En France, l’exécutif met la pression sur Alstom

Confronté à une pénurie de commandes, Alstom a annoncé mercredi l’arrêt de sa production de locomotives sur son site historique de Belfort. Sébastien Bozon/AFP

Condamnation du Premier ministre et convocation d'une réunion interministérielle ce matin à l'Élysée : après l'annonce par Alstom de l'arrêt de la production de trains à Belfort, l'exécutif met la pression sur le groupe, dont l'État français est actionnaire minoritaire, alors que l'opposition s'immisce dans le débat.
« La méthode employée par Alstom est inacceptable. Nous l'avons dit cette semaine aux dirigeants d'Alstom » , a déclaré le Premier ministre Manuel Valls hier. Mais, a-t-il souligné, « nous avons déjà sauvé Alstom et nous pouvons encore sauver Alstom, à condition que les dirigeants jouent pleinement leur rôle ».
Une réunion interministérielle se tiendra ce matin à l'Élysée avec, autour de François Hollande et de Manuel Valls, le ministre de l'Économie Michel Sapin, le secrétaire d'État à l'Industrie Christophe Sirugue et le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies.
Interrogé par l'AFP, Alstom n'a pas souhaité faire de commentaire.
Le constructeur ferroviaire, confronté à une pénurie de commandes, a annoncé mercredi l'arrêt de sa production de locomotives sur son site historique de Belfort qui sera « transféré » à Reichshoffen (Bas-Rhin) d'ici à 2018. Cette décision, qui a provoqué un choc dans la région, menace plus de 400 emplois. Alstom s'est tout de même engagé à soumettre aux salariés concernés « une proposition de transfert, s'ils le souhaitent », vers d'autres sites.
Pour l'exécutif, il est hors de question d'entériner un tel scénario à quelques mois de la présidentielle de mai 2017.
La fermeture des hauts fourneaux de Florange (Moselle) en 2013, vécue par les salariés comme une « trahison » de François Hollande, a marqué les esprits. Manuel Valls connaît par ailleurs les dégâts que peut faire ce genre d'annonce en pleine campagne. Il était chargé de la communication au cabinet de Lionel Jospin, Premier ministre de 1997 à 2002, lorsque ce dernier avait déclaré qu'il ne fallait « pas attendre tout de l'État ou du gouvernement », à propos de milliers de suppressions d'emploi chez Michelin. Et peu avant la présidentielle de 2002, où il avait été éliminé au premier tour, M. Jospin affirmait, devant l'usine Lu d'Evry (Essonne), qu'« on ne peut pas imposer sa loi à chaque entreprise ».

« Renoncement national »
L'opposition s'est déjà emparée de l'affaire.
« Comment l'État peut-il accepter que son co-actionnaire annonce la fermeture du site sans qu'il soit au courant ? » s'est ainsi étonné l'ex-chef de l'État Nicolas Sarkozy dans le Journal du Dimanche. « Hollande restera comme le président du renoncement national » , a-t-il ajouté.
Mais que peut faire l'État qui, avec 20 % des droits de vote au conseil d'administration d'Alstom, n'est qu'actionnaire minoritaire ? Pas grand-chose, selon l'ex-ministre de l'Économie Emmanuel Macron qui a déclaré que l'État ne peut « empêcher » la fermeture du site. Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, interrogé sur France 3 hier, estime lui que « l'État ne peut pas à lui seul empêcher cette fermeture, mais qu'il doit avoir une parole, une action ».
« Le gouvernement doit taper fort sur la table pour obliger Alstom à revoir sa décision et éviter un désastre humain », estime Olivier Kohler, délégué CFDT sur le site de Belfort. L'État, bien qu'étant actionnaire minoritaire, a selon lui « un moyen de pression important via toutes les commandes que la SNCF passe à Alstom ». Il regrette que Bercy ne se soit pas montré « assez virulent » vis-à-vis du PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, qu'il avait convoqué jeudi. À cette occasion, le PDG a été sermonné par Michel Sapin et Christophe Sirugue, qui lui ont imposé « une phase de négociation ».
Pour Pascal Novelin, délégué CGT d'Alstom, M. Valls « aurait dû dire : Il ne faut pas fermer le site, plutôt que : La méthode est inacceptable ! Il veut nous licencier tranquillement, sans faire trop de vagues ».

Juliette COLLEN et Emmanuelle TRECOLLE/AFP

Condamnation du Premier ministre et convocation d'une réunion interministérielle ce matin à l'Élysée : après l'annonce par Alstom de l'arrêt de la production de trains à Belfort, l'exécutif met la pression sur le groupe, dont l'État français est actionnaire minoritaire, alors que l'opposition s'immisce dans le débat.« La méthode employée par Alstom est inacceptable. Nous l'avons dit cette semaine aux dirigeants d'Alstom » , a déclaré le Premier ministre Manuel Valls hier. Mais, a-t-il souligné, « nous avons déjà sauvé Alstom et nous pouvons encore sauver Alstom, à condition que les dirigeants jouent pleinement leur rôle ».Une réunion interministérielle se tiendra ce matin à l'Élysée avec, autour de François Hollande et de Manuel Valls, le ministre de l'Économie Michel Sapin, le secrétaire d'État à...
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