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Économie - Commerce

Investissements chinois dans l’UE : Pékin doit accepter la « réciprocité »

Les investissements directs de la Chine à l’étranger ont triplé entre 2010 et 2015, et devraient encore doubler à nouveau d’ici à 2020, atteignant 1 000 milliards de dollars sur les cinq prochaines années. Alex Lee/Reuters

Les restrictions imposées par Pékin aux entreprises étrangères, en net contraste avec le flot d'investissements chinois en Europe, pourraient attiser le ressentiment populaire et les tentations protectionnistes, avertit la Chambre de commerce de l'UE en Chine, exigeant davantage de réciprocité.
« La route de l'Europe vers la Chine est devenue un sentier rocailleux et difficile », tandis que les investissements chinois en Europe « explosent », a exposé hier le président de la Chambre, Joerg Wuttke.
Les investissements chinois vers l'UE ont bondi de 44 % en 2015 à 20 milliards d'euros (22,3 milliards de dollars), ce qui représentait le double des investissements européens vers la Chine, et « pour le premier semestre 2016, c'est le triple », a résumé M. Wuttke lors d'un entretien avec quelques journalistes.
« Vous rencontrez ici les mêmes obstacles depuis 20 ans, et voilà que maintenant la Chine débarque chez vous pour faire son shopping. Pour Pékin, l'Europe est un plantureux banquet à profusion, tandis que nous, (la Chine) nous réserve quelques plats et une soupe, et basta », ironise-t-il. Avocats, pharmacie, automobile... la liste des restrictions est longue.
Pékin prône des échanges économiques « gagnant-gagnant », mais la formule « ne marche qu'à sens unique », insiste la Chambre dans son rapport annuel publié hier.

« Écart intenable »
« L'écart est immense et intenable sur la durée (...). Si la Chine se refuse à offrir la réciprocité (...), elle ne peut espérer bénéficier indéfiniment d'un accès ouvert et sans entraves aux marchés européens », poursuit la Chambre, représentant 1 800 entreprises.
La poussée chinoise ne cesse de s'affirmer : les investissements directs du pays à l'étranger ont triplé entre 2010 et 2015, et devraient encore doubler à nouveau d'ici à 2020, atteignant 1 000 milliards de dollars sur les cinq prochaines années, selon le gouvernement.
« Le contraste frappant » pourrait faire évoluer la position des élus sous la pression d'un possible « ressentiment antichinois » dans l'opinion publique, prévient M. Wuttke. « Nous, entreprises européennes, avons peur d'un contrecoup en Europe qui conduirait à des politiques plus protectionnistes », dit-il.
Les investissements chinois vers l'UE reflètent par ailleurs le poids toujours dominant des groupes étatiques dans l'économie chinoise : ils sont à l'origine de 70 % des sommes investies en Europe.
Pékin s'efforce de restructurer ses entreprises publiques, des géants très endettés et mal administrés, mais les réformes structurelles restent entravées par les administrations locales. Les « champions nationaux »– dans le chemin de fer ou les métaux – contribuent à renforcer les pouvoirs et monopoles de ces administrations qui gardent ainsi leur accès au crédit bon marché.
D'après le rapport de la Chambre, ces firmes publiques multiplient les emplettes à l'étranger dans les « les secteurs prioritaires » afin de posséder « entreprises et technologies que la Chine n'a pas été capable de développer en interne ».
(Source : AFP)

Les restrictions imposées par Pékin aux entreprises étrangères, en net contraste avec le flot d'investissements chinois en Europe, pourraient attiser le ressentiment populaire et les tentations protectionnistes, avertit la Chambre de commerce de l'UE en Chine, exigeant davantage de réciprocité.« La route de l'Europe vers la Chine est devenue un sentier rocailleux et difficile », tandis que les investissements chinois en Europe « explosent », a exposé hier le président de la Chambre, Joerg Wuttke.Les investissements chinois vers l'UE ont bondi de 44 % en 2015 à 20 milliards d'euros (22,3 milliards de dollars), ce qui représentait le double des investissements européens vers la Chine, et « pour le premier semestre 2016, c'est le triple », a résumé M. Wuttke lors d'un entretien avec quelques journalistes.« Vous...
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