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Liban - Les Archives Racontent...

Le tribunal de Jaffa statuera dans une escroquerie de 250 milliards de francs

Dans « L'Orient » du 29 août 1945

C'est une ébouriffante aventure dont le dénouement n'est pas très bien connu, mais qui pourrait bien d'ici peu voir se clore un de ses premiers chapitres.
Quand Abdul-Hamid, le sultan rouge, fut détrôné (il devait mourir peu après), il confia tous ses bijoux, tout son or et d'énormes paquets de valeurs étrangères à un certain Johnkay, Américain mystérieux qui avait eu l'art de capter sa confiance et dont il avait fait, dans les dernières années de son règne, son favori.
Parmi les papiers précieux ainsi remis à l'Américain figuraient des titres de propriété plus ou moins en règle sur d'immenses terrains sis un peu partout à travers l'Empire ottoman : Irak, Syrie, Palestine, Anatolie, Turquie d'Europe, etc. Certains de ces terrains allaient acquérir une valeur énorme du fait soit des nappes pétrolifères qui y furent découvertes, soit des installations portuaires ou ferroviaires ou industrielles qui y furent établies. Au cours du jour, l'ensemble de ce dépôt représenterait un total d'environ 250 à 300 milliards de francs.
Lorsque se furent apaisés les remous de la guerre 1914-1918, Johnkay se mit à l'œuvre. Il constitua une société, l'Ottoman Impérial Co., qui engagea diverses procédures contre les États nés de la décomposition de l'Empire ottoman ou agrandis à la suite de sa défaite : Grèce, Italie, Syrie, Irak, Yougoslavie, etc. Il affirmait représenter les 4/5 des héritiers d'Abdul-Hamid, soit 257 femmes, enfants ou petits-enfants du sultan rouge.
Malheureusement, trois ou quatre autres ayants droit, et notamment le prince Abdul-Hamid, actuel prétendant au trône de Turquie, refusèrent de rallier ce consortium et commencèrent par actionner Johnkay en restitution des bijoux et objets précieux représentant la partie mobilière de la succession.
L'Américain ergota, promit, menaça, finit par nier le dépôt : il assurait n'avoir reçu que ce qu'il appelait des « titres sans valeur présente ». Le prince Abdul-Hamid, sceptique, poussa plus avant ses réclamations. Et un beau matin, coup de théâtre, Johnkay disparaissait, laissant mettre en faillite sa société. (...)
C'est actuellement le tribunal de Jaffa qui est saisi de ce procès gigantesque. Quelle que soit la décision qu'il rende, le plus difficile sera de la faire exécuter.

C'est une ébouriffante aventure dont le dénouement n'est pas très bien connu, mais qui pourrait bien d'ici peu voir se clore un de ses premiers chapitres.Quand Abdul-Hamid, le sultan rouge, fut détrôné (il devait mourir peu après), il confia tous ses bijoux, tout son or et d'énormes paquets de valeurs étrangères à un certain Johnkay, Américain mystérieux qui avait eu l'art de capter sa confiance et dont il avait fait, dans les dernières années de son règne, son favori.Parmi les papiers précieux ainsi remis à l'Américain figuraient des titres de propriété plus ou moins en règle sur d'immenses terrains sis un peu partout à travers l'Empire ottoman : Irak, Syrie, Palestine, Anatolie, Turquie d'Europe, etc. Certains de ces terrains allaient acquérir une valeur énorme du fait soit des nappes pétrolifères qui y...
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