La campagne présidentielle va bientôt accélérer avec le premier débat TV entre Clinton et Trump le 26 septembre. La candidate démocrate a environ 5 points d'avance dans les sondages nationaux, mais l'élection va se jouer en fait dans une poignée d'États, les swing states, qui ne sont pas acquis à l'un des deux camps. Le président des États-Unis est élu par un collège électoral réunissant 538 élus. Certains États ont une couleur politique presque immuable, 17 pour les démocrates (207 voix au collège) et 23 pour les républicains (191 voix). Reste donc une dizaine de swing states représentant 140 voix. Nous les avons classés en deux groupes. L'un regroupe des États manufacturiers confrontés à la désindustrialisation (par ex. Ohio, Pennsylvanie), situés dans le nord du pays. L'autre groupe, plus disparate, compte surtout des États du Sud (par ex. Floride, Caroline du Nord, Virginie), sans doute plus sensibles à la question de l'immigration et regroupant de nombreux retraités américains. Le programme économique de Donald Trump fait la part belle à la critique du libre-échange et aux contraintes environnementales. Une des cibles visées est l'électorat des swing states du Nord, car ce discours sous-entend que ces États ont pâti de la globalisation. Pourtant, à y regarder de près, la situation économique dans ces régions n'est pas si mauvaise que cela. La production industrielle a baissé, y compris ces derniers mois, mais l'emploi s'est repris, certes moins que la moyenne nationale, et les inscriptions au chômage continuent de se replier. Une exception est la Pennsylvanie où le chômage a gagné un point. Si l'activité industrielle a souffert en raison de la crise pétrolière amorcée en 2014, c'est en fait surtout les États traditionnellement républicains, comme le Texas ou l'Alaska, qui ont été touchés. Dans les autres swing states, où la croissance est supérieure à la moyenne nationale, la question économique a moins de poids, comparée au thème de l'immigration. En 1992, les États-Unis sortant alors tout juste de récession, le thème de l'économie avait été central dans la campagne présidentielle, ce qu'avait bien résumé un slogan fameux « it's the economy, stupid ». En sera-t-il de même en 2016, la situation étant toute différente puisque l'économie a connu plus de sept ans d'expansion, avec, il est vrai, quelques à-coups ? Si, c'est le cas, ce pourra, une fois encore, être un membre de la famille Clinton qui en tire bénéfice.
Cet article est réalisé par Fidus



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