Le ministre de l’Éducation, Élias Bou Saab, en compagnie du ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk.
Réuni hier sous la présidence de son chef, Tammam Salam, afin de plancher, entre autres, sur la question de la nomination de nouveaux officiers supérieurs en remplacement de ceux parvenus à l'âge de la retraite, le gouvernement n'a pas réussi à s'entendre sur ce sujet.
« Le ministre de la Défense, Samir Mokbel, a proposé en Conseil des ministres trois noms d'officiers (pour succéder au secrétaire général du Conseil supérieur de défense, Mohammad Kheir, dont le départ à la retraite est prévu demain, samedi 20 août), mais ces propositions n'ont pas obtenu le vote de la majorité », a déclaré le ministre de l'Information, Ramzi Jreige, à l'issue de la réunion. « Tout le monde était d'accord sur le principe de la nomination. Mais dans l'impossibilité d'obtenir une telle nomination, le ministre de la Défense fera usage de ses prérogatives prévues par la loi », a ajouté le ministre de l'Information, sans plus de précision.
De sources informées, on apprend que M. Mokbel avait proposé les noms des trois généraux suivants : Marwan Chidiac, Sadek Tleiss et Khaled Tarabine, après avoir annoncé à ses collègues que le mandat du général Kheir prend fin à minuit, dans la nuit de samedi à dimanche. Il a d'abord soumis au vote le nom de Marwan Chidiac qui n'a obtenu que les voix de sept ministres, Gebran Bassil, Élias Bou Saab, Mohammad Fneich, Sejaan Azzi, Arthur Nazarian, Hussein Hajj Hassan et Abdel Mouttaleb Hennaoui, sur les 16 nécessaires pour sa nomination à la tête du Conseil supérieur de la défense. M. Mokbel a ensuite avancé le nom du général Tleiss qui a obtenu les voix des mêmes ministres. Un brouhaha s'est ensuivi, interrompu par la voix de Tammam Salam qui a fait remarquer : « Ce dossier fait apparemment partie de ceux qui sont soumis aux équilibres politiques, puisqu'il semble qu'aucun des noms proposés ne fait l'unanimité », ce à quoi le ministre d'État pour la Réforme administrative, Nabil de Freige, a réagi en expliquant en substance qu'il n'est pas possible de procéder à des nominations qui requièrent les deux tiers des voix des ministres en l'absence d'un président de la République. La réponse de Gebran Bassil n'a pas tardé : « Ce que vous êtes en train de faire aura des répercussions négatives sur le Conseil des ministres. » Une menace à peine voilée reprise par Élias Bou Saab qui a dénoncé « une mascarade ressortie dès qu'il s'agit de plancher sur les nominations sécuritaires ». « Elle va finir par affecter le fonctionnement du Conseil des ministres », a-t-il également averti. Les ministres du PSP, bien qu'ils n'aient pas voté pour l'un ou l'autre des deux généraux dont les noms ont été proposés par Samir Mokbel, ont pris le parti de leurs collègues du CPL. « Les choses ne peuvent pas être régies de cette manière. Nous sommes en faveur des nominations qui sont actuellement prioritaires et préférables à une rallonge des mandats » des officiers qui doivent prendre leur retraite. Le ministre Ali Hassan Khalil est allé plus loin, en rouvrant le dossier de la Sécurité de l'État, auquel le Conseil des ministres avait mis une sourdine. « Si vous êtes pour des nominations sérieuses, nous proposons celle de la nomination d'un vice-directeur général de la Sécurité de l'État », a-t-il dit.
Sur ces entrefaites, Tammam Salam a levé la séance, sans fixer la date d'une autre. Pratiquement, tous les sujets vont être décalés, puisque le gouvernement sera en vacances pour deux semaines. Mais la crise demeure, d'autant que le ministre de la Défense va retarder le départ à la retraite de Mohammad Kheir, contrairement à l'avis des ministres contestataires.
Mercredi, M. Mokbel avait fait savoir que si le Conseil des ministres ne parvient pas à s'entendre sur le nom d'un remplaçant à ce dernier, il pourra, selon l'article 55 de la loi de défense, émettre un décret en vertu duquel il retardera son départ à la retraite. En réponse à une question sur le cas du commandant en chef de l'armée, Jean Kahwagi, qui doit lui aussi prendre sa retraite le 30 septembre, M. Mokbel avait affirmé que « la loi sera également appliquée à ce dossier », soulignant qu'il rejette « toute vacance au sein du conseil militaire et du commandement de l'armée ».
« Ce gouvernement est un échec »
À sa sortie de la réunion, le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a répété qu'il s'oppose à toute nomination sécuritaire avant l'élection d'un président de la République. Gebran Bassil a pour sa part déploré l'échec du gouvernement, estimant qu'« il y a une volonté de ne pas procéder aux nominations, et cela se répercutera négativement sur le travail du gouvernement ».
M. Bou Saab a été plus virulent dans ses propos, estimant que « ce gouvernement est un échec ». « On se paie la tête des ministres concernant le dossier des nominations sécuritaires », a-t-il déploré.
Par ailleurs, le gouvernement a, entre autres, approuvé la nomination de 1 771 enseignants du cycle secondaire public ayant réussi le concours du Conseil de la fonction publique. Plusieurs de ces enseignants avaient manifesté leur colère en matinée devant le Grand Sérail. D'autres enseignants contractuels étaient également présents, réclamant leur titularisation. Le ministre de l'Information n'a pas mentionné leur cas dans le communiqué du Conseil des ministres.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
DE HONTE EN HONTE... ET DE CHARYBDE EN SCYLLA...
11 h 00, le 20 août 2016