L’ex-rebelle et ancien vice-président sud-soudanais Riek Machar lors d’un entretien le 31 août 2015 à Addis-Abeba en Éthiopie. Zacharias Abubeker/AFP
L'ex-rebelle et ancien vice-président sud-soudanais Riek Machar a quitté le Soudan du Sud à la suite des violences de début juillet dans la capitale Juba et cherche à rejoindre l'Éthiopie « au plus vite », a-t-on appris hier auprès d'un des responsables de son camp. « M. Machar se trouve actuellement en République démocratique du Congo, à Kinshasa, et souhaite rejoindre au plus vite l'Éthiopie », a déclaré à l'AFP sous le couvert de l'anonymat un responsable du SPLM-IO, le parti de M. Machar. Resté extrêmement discret depuis les combats de juillet, il « s'exprimera lors d'une conférence de presse » dès son arrivée à Addis-Abeba, a précisé la même source, rappelant que Riek Machar s'était déjà réfugié à plusieurs reprises en Éthiopie lors de la guerre civile au Soudan du Sud, débutée en 2013. Dans la nuit de mercredi à jeudi, un porte-parole du SPLM-IO, le parti de M. Machar, avait indiqué dans un communiqué que l'ancien vice-président avait été « évacué en toute sécurité vers un pays sûr de la région ».
M. Machar avait fui Juba à l'issue de combats à l'arme lourde dans la capitale du 8 au 11 juillet entre forces loyales au président Salva Kiir et les ex-rebelles répondant à ses ordres. Ses hommes étaient sortis vaincus de ces combats et il avait été remplacé au poste de vice-président par son ancien allié Taban Deng Gai. M. Deng, nommé par Salva Kiir le 25 juillet, avait précédemment indiqué qu'il se retirerait au profit de M. Machar si ce dernier revenait à Juba, mais il semble désormais se poser en chef de file de l'ethnie nuer au sein du gouvernement d'union nationale nommé en avril avec M. Machar comme vice-président. Mercredi, cet homme politique influent a appelé Riek Machar à rester à l'écart des affaires politiques du pays afin de permettre la mise en œuvre d'un accord de paix. Mais le soutien dont dispose M. Deng au sein de l'ethnie nuer et des forces ex-rebelles reste difficile à évaluer alors que plusieurs cadres de l'ex-rébellion, en exil ou à l'extérieur de Juba, ont vécu sa nomination comme une trahison. Le Conseil de sécurité de l'Onu a autorisé vendredi dernier le déploiement de 4 000 soldats onusiens en plus des 13 500 Casques bleus se trouvant déjà dans le pays, pour assurer la sécurité à Juba et dissuader les attaques contre les bases de l'Onu. Juba n'a pas encore accepté le déploiement de cette force. L'Onu a par ailleurs annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête sur des violences, notamment sexuelles, commises contre des civils, y compris des travailleurs humanitaires, par des soldats sud-soudanais à Juba en juillet, et sur l'incapacité des Casques bleus à les empêcher.
(Source : AFP)

