Pour préserver l’espoir

« Je pourrais peut-être libérer votre fils... si quelqu’un d’autre prenait sa place »

Pour que la cause des personnes disparues au Liban ne tombe pas dans l'oubli, l'ONG Act for the Disappeared a lancé le projet « Fus'hat amal »*. Dans ce cadre, nous publions une série de témoignages fictifs qu'auraient apportés des Libanais arrachés à leur milieu familial et social.

Ali Farès a été enlevé le 22 août 1983.

Mon nom est Ali.
Je suis de Chehour, un village situé dans le caza de Tyr. C'est une région que j'aime beaucoup. Les après-midi passés près de la rivière (Litani) en famille, les parties de pêche avec les copains... Je pensais que pour rien au monde, je n'aurais quitté cet endroit. Mais j'étais amoureux de cette fille... qui vivait à Beyrouth. Je l'avais rencontrée un week-end, lorsqu'elle était venue rendre visite à ses grands-parents qui vivaient dans mon village. Pour la voir, j'allais, à chaque fois que je le pouvais, passer le week-end à Beyrouth chez mon ami Hassan.

Hassan était mon ami d'enfance. Il avait interrompu ses études scolaires et quitté notre village pour aller vivre et travailler à Beyrouth.

Le 22 août 1983, alors que nous étions tous les deux en route pour retrouver celle que je voulais demander en mariage, nous avons été enlevés. Ma sœur Mariam, à qui j'avais promis de revenir le lendemain au village pour l'aider à cueillir les amandes dans les champs de mon père, ne m'a jamais revu.

Mes proches ont frappé à toutes les portes. Ils n'ont eu pour toute information que cette terrible réponse : « Ils comptent les détenus, comme ils comptent des moutons. S'ils se rendent compte que l'un d'eux manque, ils vont devenir fous. Je pourrais peut-être l'aider à sortir si quelqu'un d'autre prenait sa place. »
Nous n'étions donc pour eux que des numéros. Une monnaie d'échange. Des pions sur le chemin d'une éventuelle « victoire ».

Mon nom est Ali Farès. Mon ami est Hassan Zein. Ne laissez pas notre histoire s'interrompre ici.

 

* « Fus'hat amal » est une plate-forme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de « Fus'hat amal » à l'adresse : www.fushatamal.org
Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

 

Tous les témoignages dans notre dossier

Disparus de la guerre civile : S'ils pouvaient témoigner...


Mon nom est Ali.
Je suis de Chehour, un village situé dans le caza de Tyr. C'est une région que j'aime beaucoup. Les après-midi passés près de la rivière (Litani) en famille, les parties de pêche avec les copains... Je pensais que pour rien au monde, je n'aurais quitté cet endroit. Mais j'étais amoureux de cette fille... qui vivait à Beyrouth. Je l'avais rencontrée un...

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