Suite à l'article de Michel Hajji Georgiou publié dans notre édition d'hier sous le titre « 7 et 9 août 2001 : que jamais ne revienne... », nous avons reçu du bureau de presse de l'ancien président Émile Lahoud le droit de réponse suivant :
« M. Michel Hajji Georgiou affirme que les rafles et puis les incidents du 9 août se sont passés sous le regard bienveillant du président de la République de l'époque, Émile Lahoud, glorieuse image de marque du régime sécuritaire d'alors, et dont les portraits avaient étés placardés... autour du Palais de justice... »
L'auteur se lance ensuite dans une extrapolation irréfléchie de ces événements, vers deux axes : la guerre qui fait rage aujourd'hui en Syrie et la sanction qui devrait être infligée aux auteurs des incidents d'août 2001 !
(...) En fin de compte, la seule condition pour « que jamais ne revienne... » est de mettre en évidence les faits véridiques, loin de tout esprit partisan ou revanchard. La réalité est tout autre : le prétendu régime sécuritaire libano-syrien servait les intérêts des politiciens de l'époque, qui étaient aux commandes du gouvernement, et que semble défendre, sans beaucoup de conviction, M. Hajji Georgiou. Le chef de file de ce mouvement politique avait pompeusement reçu le chef des renseignements syriens de l'époque, opérant au Liban, pour lui offrir, en gage de remerciements et de gratitude, « la clé d'or » de la ville de Beyrouth, geste ô combien symbolique, toujours gravé dans la mémoire des Libanais, comme un ultime signe de complicité dans un vaste réseau de services rendus ; de plus, simple observation, a-t-on jamais vu un auteur de forfaits ou de délits placarder son portrait sur les lieux du crime? L'histoire proche ne dit-elle pas que le général Émile Lahoud avait unifié l'armée nationale, qui fait qu'aujourd'hui elle puisse assurer la sécurité dans notre pays ? La libération de notre territoire en 2000 et l'installation de cette fameuse et temporaire ligne bleue, ne sont-elles pas en soi des acquis historiques de ce mandat ? La riposte de l'armée à Denniyé, pour étouffer, la veille du troisième millénaire, l'attaque violente des terroristes islamistes, ne présageait-elle pas d'une détermination à réduire à néant ces mouvements radicaux qui projetaient déjà de mettre le Liban à feu et à sang ? Nahr el-Bared n'en est-il pas un autre signe ? Le sommet de l'initiative de paix arabe à Beyrouth, qui pour la première fois, et malgré de fortes appréhensions et dissidences, a intégré le droit de retour des Palestiniens dans leur terre spoliée, ne mérite-t-il pas de figurer dans les prestigieuses annales de ce mandat? La victoire de juillet/août 2006 sur l'ennemi israélien n'est-elle pas aussi une œuvre magistrale de ce mandat, tout simplement parce que le président de l'époque avait compris que l'unité du Liban était la clé de voûte de sa force et de sa pérennité, et que l'armée et la Résistance, filles de la même matrice, devaient être protégées contre les intrigues et manigances de certains politiciens affairistes et serviles ?
M. Roed-Larsen avait demandé au président Lahoud, à la libération, de faire tout le nécessaire pour empêcher la vengeance au Sud et à la Békaa-Ouest, et le président lui avait assuré que rien de ceci ne sera fait et que la justice étatique accomplira son travail. Ce fut le cas ! Extrapoler, pour bien extrapoler, devait aboutir à mettre en exergue les événements majeurs qui ont secoué notre pays avant le mandat du président Lahoud, ainsi qu'après sa fin. La guerre fratricide et son cortège de génocides, d'épurations confessionnelles et de déplacements massifs de population ; la corruption endémique et institutionnalisée parce que tout un chacun (presque) avait son prix ; les agressions perpétrées et qui sont restées impunies contre notre armée ; la détention de 9 de nos militaires, toujours aux mains de Daech; l'emprise que pratique sur le pouvoir une majorité qui prolonge honteusement son propre mandat ; la vacance de la première magistrature pour la troisième année consécutive ; la violation délibérée de notre pacte de cohésion nationale et de notre Constitution; l'étranger plus que jamais décisionnaire dans notre vie publique ; l'incontournable impunité, la vraie, de ceux qui animent le feu de la haine entre les composantes de notre nation et qui se refusent à toute tentative de réconciliation nationale, ou même de justice transactionnelle, le cas échéant. Extrapoler pour bien extrapoler, afin « que jamais ne revienne... », devrait être l'œuvre d'une plume impartiale (...).
Liban - Le Souvenir Du 7 Août 2001
Réponse de Lahoud à l’article de Michel Hajji Georgiou
OLJ / le 09 août 2016 à 00h00


Le mandat Lahoud restera à jamais celui de l'acceptation entière et bénévole de la main-mise syrienne sur le Liban, celui de la soumission aux services de renseignements de Bachar, celui de l'écrasement du peuple libanais sous la tyranie de Rustom Ghazale et de Ghazi Kanaan, celui de la répression sournoise des services de renseignements de Jamil El Sayyed et des services parallèles soumis aux SR syriens, celui de la non-application de Taef, celui des multiples assassinats fomentés par le régime syrien aidé par ses organes locaux qu'ils soient du Hezbollah ou d'autres tendances, celui de "Choucran Sourya", celui de la honte par la perte de l'indépendance du Liban et par la résignation à la perte de son autorité, celui de refus d'avoir une ambassade syrienne, celui du refus de la 1559, du refus de la 1701, du refus du TSL, celui de la guerre de 2006, dévastatrice, ridicule, inutile et montée par les services iraniens pour leur propre intérêt car devant accélérer leur main-mise sur le Liban au travers du Hezbollah. Le régime de Lahoud restera celui de la collaboration avec l'ennemi COMME CELUI DE VICHY. En France il y a eu une justice et Pétain a terminé ses jours en prison. Au Liban il n'y a pas de justice et Lahoud continue à se la jouer sur les médias.
15 h 10, le 09 août 2016