Gou Hongguo, un militant chinois des droits de l'Homme ayant notamment combattu les expropriations forcées, a été condamné vendredi à trois ans de prison avec sursis, la 4e condamnation pour "subversion" rendue cette semaine contre des critiques du régime.
Militant et chrétien, Gou a été accusé de s'être rendu à l'étranger pour y être "entraîné à subvertir le pouvoir de l'Etat", a indiqué dans un microblog la Deuxième cour intermédiaire populaire de Tianjin (nord).
Parmi une litanie de crimes, il a été reconnu coupable d'avoir cherché à "retourner l'opinion publique" contre le gouvernement et d'avoir tenté de "renverser le système socialiste", poursuivait le tribunal.
Gou Hongguo s'est au final vu infliger une peine de trois ans d'emprisonnement avec sursis, a annoncé l'agence étatique Chine nouvelle, précisant qu'il avait plaidé coupable et ne ferait pas appel.
La peine apparaît clémente à la lumière des sentences prononcées ces derniers jours par ce même tribunal de Tianjin à l'issue de procès expéditifs contre des militants connus.
Des audiences vivement critiquées par les ONG de défense des droits de l'Homme, alors que la justice chinoise reste étroitement soumise aux décisions des autorités politiques.
Gou Hongguo s'était distingué en protestant vivement contre les évictions forcées, fréquentes en Chine, qui voient des promoteurs s'emparer de logements de résidents populaires ou démunis après des expropriations souvent violentes cautionnées par le gouvernement.
M. Gou avait été arrêté il y a un an, à la suite d'une salve de 200 interpellations d'avocats et militants intervenues à l'été 2015 dans toute la Chine.
Une dizaine d'activistes avaient ensuite été placés en état d'arrestation. Outre Gou, trois d'entre eux étaient jugés cette semaine à Tianjin.
L'avocat Zhou Shifeng, directeur du cabinet pékinois Fengrui --connu pour défendre des intellectuels dissidents ou des membres de groupes religieux interdits-- a ainsi été condamné jeudi à sept ans d'emprisonnement pour "subversion".
Hu Shigen, auteur dissident et responsable d'églises clandestines à Pékin, a lui écopé mercredi de sept ans et demi de prison, tandis que le militant Zhai Yanmin, organisateur de manifestations à répétitions, s'en sortait mardi avec trois ans et demi avec sursis.
Les épouses de plusieurs des prévenus se sont plaintes d'être sous étroite surveillance policière et empêchées d'assister aux procès, privées de tout contact avec leurs maris.
Fan Lili, l'épouse de Gou, s'était rendue au tribunal en début de semaine, mais sans même pouvoir apprendre la date du procès de son époux, avant de s'écrouler en pleurs sur le sol non loin du bâtiment sous les yeux des dizaines de policiers qui en bloquaient l'accès.
Depuis l'arrivée du président Xi Jinping en 2013, ONG et experts dénoncent un durcissement croissant de la répression contre les voix critiques à l'égard du régime communiste.
Militant et chrétien, Gou a été accusé de s'être rendu à l'étranger pour y être "entraîné à subvertir le pouvoir de l'Etat", a indiqué dans un microblog la Deuxième cour intermédiaire populaire de Tianjin (nord).
Parmi une litanie de crimes, il a été reconnu coupable d'avoir cherché à "retourner l'opinion publique" contre le gouvernement et d'avoir tenté de "renverser le système socialiste", poursuivait le tribunal.Gou Hongguo s'est au final vu infliger une peine de trois ans d'emprisonnement avec sursis, a annoncé l'agence étatique Chine nouvelle,...

