Mon ami est mort la semaine dernière. Il nous a quittés discrètement, sur la pointe des pieds. Une amitié fidèle nous liait depuis 60 ans, que ni l'éloignement ni le temps n'avaient altérée.
Car c'était mon ami.
Quelques mots, quelques phrases échangés par-dessus la Méditerranée suffisaient à nous remémorer le Liban d'antan ; les instants heureux, les menus plaisirs, la fraîcheur des matins d'hiver, la douceur des soirées d'été, les petits métiers de la ville comme ceux de la montagne.
Et c'était mon ami.
Il n'avait pas su s'adapter au Liban de l'après-guerre, dur et sans pitié. Comme tant d'autres, les bouleversements de la guerre l'avaient petit à petit fait glisser du camp des nantis à celui des petits. Mais il s'y était peu à peu résigné et menait une vie modeste dans un pays où, plus que tout, comptent désormais le pouvoir et l'argent.
Et c'était mon ami.
La mort a ceci d'implacable, d'irrémédiable, que tout ce que nous n'avons pas su exprimer, témoigner à celui qui nous a quittés est à jamais perdu.
Seule demeure la prière.
À Freddy, mon ami.
B.B.
Agenda - Hommage
C’était mon ami
OLJ / le 05 août 2016 à 00h00


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