Les membres de l’ADMEE Liban.
Regroupant des chercheurs autour des diverses questions d'évaluation, l'ADMEE est une association internationale francophone, présente dans plusieurs pays européens, en plus du Canada et du Maroc. Au Liban, c'est la première fois qu'une structure regroupe des représentants de plusieurs établissements francophones. Selon les experts en éducation, son existence semble une priorité, vu les différentes lacunes dans ce domaine. « Le système d'évaluation libanais est encore traditionnel et très peu de recherches y sont accomplies. Donc le besoin est très grand ! Les résultats de nos recherches peuvent avoir des répercussions très intéressantes sur les systèmes d'évaluation des écoles et des universités, et même des examens officiels », estime M. Fadi el-Hage, doyen de la faculté des sciences de l'éducation à l'USJ et premier délégué de la section Liban de l'ADMEE.
En effet, le système d'évaluation libanais se base en majorité sur les connaissances, très peu sur les compétences. Or, dans le monde professionnel, celles-ci sont prioritaires. « Si on forme les élèves à retenir et à réciter et l'on évalue ce qu'ils savent, arrivés dans le monde du travail, ils risquent fort de manquer de compétences. Pour ce, nous envisageons de réfléchir sur un système qui les évalue », ajoute-t-il. De plus, d'après ce doyen, vu que le curriculum est généralement dépassé, l'évaluation s'impose afin d'apporter des modifications et d'améliorer les programmes, ainsi que les méthodes d'enseignement.
Cela passe aussi par l'évaluation des enseignants et de leurs prestations, alors qu'au Liban « cette culture n'existe pas et que le système ne permet pas de les évaluer d'une manière très professionnelle », explique M. el-Hage.
Au service de l'acte d'apprentissage
Dans ce contexte, chercheurs et professionnels du terrain travailleront sur l'évaluation dans toutes ses dimensions. Ainsi, seront abordées l'évaluation des programmes de formation; celle des contrôles continus et des examens, et par suite, les acquis des étudiants et des élèves ; mais aussi, l'évaluation des enseignants par ces derniers, par les responsables des institutions et par autoévaluation ; et, enfin, l'évaluation du fonctionnement de l'institution elle-même.
À travers cette plateforme de rencontre scientifique, l'ADMEE Liban mise sur les échanges entre chercheurs et professionnels, et sur la mutualisation des pratiques, de même qu'elle compte profiter des expériences des différents pays partenaires. Sont ainsi établis des projets de recherche en commun entre les différents pays adhérents ou à l'intérieur du même pays, tel le projet inter-universitaire actuel sur « l'évaluation de l'activité professionnelle de l'enseignant », scolaire et universitaire. Regroupant les institutions locales partenaires autour de cette thématique, ainsi que des experts internationaux, une journée nationale aura lieu en juillet, à l'Université Saint-Esprit de Kaslik. « Le système d'évaluation de l'enseignant étant complexe et n'existant pas d'une manière professionnelle au Liban, cette thématique s'est imposée comme une priorité pour les membres de la section. Elle contribuerait à améliorer notre système éducatif », affirme M. el-Hage.
Quant à la démarche, elle est participative et implique, entre autres, une recherche sur le terrain, des entretiens avec les enseignants, des visites de classes et des rencontres avec des responsables, afin de sortir avec des recommandations et des publications. Un travail de longue haleine qui espère aboutir à des résultats tangibles dans la durée.