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Ce que les villages du Liban-Sud, détruits par Israël, représentent pour ceux qui en sont originaires

Tout commence par un plan fixe sur un village. Pendant quelques secondes, rien ne se passe. Puis, soudain, tout explose. En quelques instants, tous les immeubles d’une rue — parfois tout un quartier — sont pulvérisés.
Depuis 2024, l’armée israélienne s’emploie à raser systématiquement une série de villages du Liban-Sud, situés dans une bande frontalière dont la profondeur ne cesse de s’étendre. Depuis le 2 mars 2026, les bombardements et dynamitages massifs ont repris, mettant en œuvre les menaces formulées fin mars par le ministre israélien de la Défense, Israël Katz : « [nous avons ordonné] d’accélérer la destruction des maisons libanaises dans les villages de contact [à la frontière] afin de déjouer les menaces visant les localités israéliennes, conformément aux modèles de Beit Hanoun et de Rafah à Gaza. » Les menaces faisant référence au Hezbollah.
Ces destructions soulèvent de graves questions au regard du droit international. Pour Amnesty International, ces actes, ciblant habitations, lieux de culte et cimetières, pourraient constituer des crimes de guerre.
Mais la destruction de ces dizaines de villages ne se résume pas à la disparition de bâtiments. Dynamiter un village, c’est détruire un patrimoine parfois centenaire, mais aussi effacer des traditions, une mémoire — celle de familles entières, sur plusieurs générations. Ces villages, ce sont les retrouvailles en été pour des familles dispersées aux quatre coins du monde. Ce sont des maisons construites en vue d’une retraite paisible, chez soi, enfin, après des années à travailler dans le Golfe. Ce sont des gestes et des visages : le sourire d’une mère, la tombe d’une grand-mère, le zaatar qui pousse dans le jardin, le café partagé avec les voisines.
Alors que leurs villages disparaissent, des habitants nous ont raconté les jours heureux — dans ce qu’ils considèrent souvent comme leur petit coin de paradis. Il nous a semblé essentiel de partager leurs histoires.

Publié le 03 juin 2026 à 13h46 , mis à jour à 13h46