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Cinema- - À L’Affiche

Jason Bourne, la suite dans la peau

La meilleure série de films d'espionnage de ces vingt dernières années revient sur les écrans pour une nouvelle aventure tonique et efficace, quoique souffrant de pauvreté scénaristique.

Le « Baby face » est devenu un dur à cuire.

Le dos est massif, musculeux et balafré. Le crochet du gauche est rapide, puissant et efficace. Jason Bourne/Matt Damon vient de mettre à terre son opposant dans un combat de boxe illégal auquel il participe pour garder la forme et gagner de l'argent de poche. C'est pour ce genre scènes chocs, efficaces et straight to the point, que la trilogie des Jason Bourne a connu le succès qui a été le sien depuis le premier épisode sorti en 2002.
Sans nouvelles de lui depuis 2007, les discours officiels étaient que La Vengeance dans la peau serait le dernier film joué par Matt Damon et réalisé par Paul Greengrass, le duo gagnant des deux précédents opus. Puisque son objectif, connaître sa vraie identité, était atteint, remettre le couvert ne servirait pas à grand-chose. Ce Bourne de 2016 était donc aussi inattendu qu'attendu – les premières images, celles du combat de boxe, ayant été diffusées il y a à peine un an. Tirée de romans éponymes de Robert Ludlum, mais dont les personnages n'ont rien en commun, la trilogie Bourne a joui d'une excellente cote de popularité et de succès, aussi bien critiques que populaires, toujours plus importants. Et ça n'est pas le téléfilm sorti en 1988 avec Richard Chamberlain, le prêtre des Oiseaux se cachent pour mourir, qui lui aura fait de l'ombre.
Au contraire : l'arrivée sur les écrans de ce héros atypique, perdu, humain, mais aussi extraordinaire aura dopé les films d'espionnage de papa et grand-papa, poussant même les producteurs des James Bond à passer la vitesse supérieure en termes de cascades et surtout de réalisme. La scène d'ouverture magistrale de Casino Royale et le rôle dévolu à Daniel Craig doivent beaucoup, si ce n'est tout, à Jason le bien bourné.

Pas des ficelles, des cordes...
Les recettes des succès des trois premiers films tenaient en quelques concepts forts. Tout d'abord, des scénarios en béton armé, des agents de la CIA doubles et corrompus, des personnages féminins rebelles, des tueurs à gage charismatiques (Clive Owen, puis Karl Urban, puis Edgar Ramirez), et surtout des scènes de combats/poursuites innovantes et hyperréalistes, hors du tout-techno et hypergadgets des James Bond. Jason Bourne broie des os avec des magazines, contre un sabre de samurai avec un cure-dents, et dégomme un porte-avions avec son Nokia de 1997, le tout avec quand même beaucoup plus de conviction que MacGyver.
Tous ces éléments sont présents dans ce dernier opus, mais avec une tendance, malheureusement généralisée, a la gabegie. Les poursuites sont très longues, à la limite du compréhensible, et surtout Matt Damon perd en humanité. La BBC a calculé qu'il ne formulait pas plus de 288 mots dans le film, bien moins que de coups de poings
distribués et que de mots dans cet article. En revanche, aucun spoiler dévoilé en évoquant la présence de Vincent Cassel. Dans la lignée de ces prédécesseurs, avec un rôle même plus important, crucial au niveau du scénario, il alterne entre faire la gueule et péter des gueules, mais tout en restant le distributeur de phéromones qu'il est devenu au fil de sa carrière. Quant au rôle de l'agent féminin qui a tout compris à Jason, il est tenu par Alicia Vikander, petite chose oscarisée et fragile a priori, et dont la beauté enfantine, mais robotique, est impressionnante – ça ne doit pas rigoler tous les jours pour Michael Fassbender, son boyfriend actuel.
Il n'en reste pas moins que le rôle de Cassel et la sous-histoire autour, avec des scènes à Beyrouth, sont le vrai point faible du film, avec le scénario. Voulant continuer dans la quête d'identité qui est la raison d'être des films de Jason Bourne, les ficelles développées ici sont à la limite des cordes et les histoires internes, retournements de vestes et sous-programmes de tueurs commencent à sentir le
réchauffé.
La trilogie Bourne avait tellement habitué les spectateurs à l'excellence que cet épisode apparaît comme le plus faible. Mais le plus faible Bourne reste très, très au-dessus des films que nous subissons depuis le début de l'été. Matt Damon est devenu comme Brad Pitt ou Leonardo di Caprio : il ne fait jamais de mauvais choix.

Le dos est massif, musculeux et balafré. Le crochet du gauche est rapide, puissant et efficace. Jason Bourne/Matt Damon vient de mettre à terre son opposant dans un combat de boxe illégal auquel il participe pour garder la forme et gagner de l'argent de poche. C'est pour ce genre scènes chocs, efficaces et straight to the point, que la trilogie des Jason Bourne a connu le succès qui a été le sien depuis le premier épisode sorti en 2002.Sans nouvelles de lui depuis 2007, les discours officiels étaient que La Vengeance dans la peau serait le dernier film joué par Matt Damon et réalisé par Paul Greengrass, le duo gagnant des deux précédents opus. Puisque son objectif, connaître sa vraie identité, était atteint, remettre le couvert ne servirait pas à grand-chose. Ce Bourne de 2016 était donc aussi inattendu qu'attendu –...
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