Des soldats des forces pro-GNA progressant dans le quartier al-Dollar, dans le centre de Syrte. Les combats se déroulent actuellement dans un secteur situé entre ce quartier et le centre de conférence de Ouagadougou, quartier général de l’EI dans la ville. Centre des médias des forces pro-GNA/HO/AFP
Les forces progouvernementales progressaient hier dans le centre de Syrte, principal fief du groupe État islamique (EI) en Libye, resserrant davantage l'étau autour des jihadistes. Profitant du chaos dans le pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, en 2011, l'EI s'était implanté à Syrte et s'en était emparé en juin 2015. Deux gouvernements se disputent le pouvoir en Libye, livrée aux milices : le gouvernement d'union nationale (GNA) – installé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale – et un cabinet parallèle basé dans l'Est.
Lundi, « les forces pro-GNA ont pris le contrôle total du quartier al-Dollar dans le centre de Syrte », ont indiqué hier les forces pro-GNA, faisant état de 5 morts dans leurs rangs. Les combats se déroulaient hier dans un secteur situé entre le quartier al-Dollar et le centre de conférence de Ouagadougou, quartier général de l'EI à Syrte, ont-elles ajouté. Lundi également, les avions de combat américains avaient mené de premiers raids contre des positions de l'EI à Syrte, à la demande du GNA dont les forces peinent à reconquérir le bastion jihadiste. Un responsable américain à la Défense, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, a déclaré que l'armée US a mené de nouvelles frappes hier, portant à « environ sept » leur nombre depuis lundi. « Des raids des avions de chasse de l'appui international à l'opération (du GNA) ont détruit une plateforme de lance-roquettes de l'EI et un bulldozer », ont indiqué de leur côté les forces pro-GNA, sans citer explicitement les États-Unis.
Les États-Unis, qui frappent l'EI en Irak et en Syrie depuis 2014, ont maintes fois affirmé leur volonté de « détruire » ce groupe responsable d'atrocités dans les zones sous son contrôle et d'attentats meurtriers, notamment en Occident. Hier, le président Barack Obama a jugé que les frappes américaines relevaient de la « sécurité nationale » de son pays et de ses alliés européens. Les forces pro-GNA « ont besoin d'appui aérien car même si elles disposent d'une force aérienne, elle n'est pas comparable au soutien que peuvent leur fournir les États-Unis (...), montrer que l'on a un soutien externe, ça compte en Libye », assure Mattia Toaldo, du groupe de réflexion European Council on Foreign Relations.
Sans critiquer directement les frappes américaines, le ministère russe des Affaires étrangères a appelé à agir « en stricte conformité avec le droit international ». De son côté, le ministre italien des Affaires étrangères Paolo Gentiloni a indiqué que Rome était disposé à fournir au GNA son assistance, « en particulier sur le plan humanitaire et sanitaire ».
Sarraj au QG de l'offensive
À la faveur d'une offensive lancée le 12 mai pour reprendre Syrte, les forces du GNA sont entrées le 9 juin dans la cité et assiègent depuis les jihadistes. Elles ont toutefois été ralenties par les contre-attaques de l'EI. En près de trois mois, plus de 300 membres des pro-GNA ont été tués et 1 500 blessés, selon des sources médicales à Misrata, siège du commandement de l'offensive pour la reprise de Syrte. C'est là que le chef du GNA, Fayez el-Sarraj, a promis, lundi soir, de « mettre tous les moyens à la disposition » des forces anti-EI à Syrte.
Les États-Unis ont indiqué que les raids contre l'EI à Syrte se poursuivraient, mais M. Sarraj a souligné qu'ils seraient « limités dans le temps » et « ne dépasseraient pas Syrte et sa banlieue ». M. Sarraj, en admettant avoir demandé l'aide américaine, a néanmoins souligné « qu'il n'y aura aucune présence étrangère sur le sol Libyen ». La Maison-Blanche a confirmé que cette aide « se limitera aux frappes et au partage de renseignements ».
Parallèlement à ces événements, 15 membres des forces loyales aux autorités libyennes non reconnues par la communauté internationale ont été tués, hier soir, dans un attentat-suicide à Benghazi, dans l'Est de la Libye, ont rapporté des sources militaires. Selon l'une de ces sources, l'attentat a été revendiqué par « le Conseil de la Choura des révolutionnaires », une coalition de milices islamistes dont fait partie Ansar al-Charia, un groupe proche d'el-Qaëda.
(Source : AFP)

