Le député des FL Élie Keyrouz invite le président de la Chambre à tranférer le dossier aux commissions parlementaires. Photo Ani
Le député Élie Keyrouz (FL) a invité hier le Parlement, et notamment son président Nabih Berry, à annuler l'article 522 du code pénal libanais, qui exempte l'auteur d'un viol, d'un enlèvement ou d'un détournement de mineur de poursuites ou de sanctions s'il épouse sa victime. M. Keyrouz a invité le président de la Chambre à transférer sa proposition de loi aux commissions parlementaires, sur base des deux articles 101 et 102 du règlement intérieur du Parlement, et à ouvrir ensuite le débat et le vote lors de l'assemblée générale.Expliquant sa proposition, M. Keyrouz a estimé que « la protection de la femme libanaise, de sa sécurité et de sa dignité nécessite l'amendement des textes de lois qui lui portent préjudice, et plus particulièrement l'article 522 du code pénal ». « Cet article doit être annulé, a-t-il martelé, car il porte gravement atteinte à la dignité de la femme et à sa sécurité tant physique que psychique ou morale. »
Le député a reconnu que l'article 522 « règle le problème de la famille de la victime et de la tribu à laquelle elle appartient », notamment dans le sens « d'une réparation à l'honneur perdu ». « En revanche, marier une victime à son violeur ne peut en aucun cas être une réparation pour la victime, ni même une solution au grave préjudice qu'elle a subi », a-t-il affirmé, estimant que « cette loi multiplie le viol par mille plutôt que d'en effacer les traces ». « Cesser les poursuites contre un violeur signifie que de nombreux criminels échappent à la justice », a insisté M. Keyrouz.
Pour rappel, selon l'article 522 du code pénal, dans le cas d'un mariage légal entre la personne ayant commis un viol, un enlèvement ou un détournement de mineur, les poursuites judiciaires seront arrêtées. Si un jugement a été prononcé, l'exécution dudit jugement sera suspendue contre la personne qui en a fait l'objet. Toujours selon ce texte, les poursuites judiciaires reprendront et la sentence sera de nouveau applicable (...) dans l'éventualité où un tel mariage se terminerait par le divorce de la femme sans raison légitime ou par un divorce prononcé par la cour en faveur de la femme.


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Incroyable qu'on ait pu penser, au départ, à obliger une femme à vivre (pour la vie, en principe) avec l'homme qui lui a fait autant de mal et à accepter qu'il la touche régulièrement, avec tous les droits, cette fois... Quel mépris poure la femme, principale concernée...
11 h 48, le 30 juillet 2016