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Moyen Orient et Monde - Indonésie

Djakarta s’entête et exécute des condamnés dans un « chaos total »

Les protestations internationales n'auront servi à rien.

Une ambulance transportant le corps d’une des personnes exécutées hier quitte la prison. Darren Whiteside/Reuters

L'Indonésie a exécuté hier quatre condamnés à mort pour trafic de drogue, mais dix autres qui devaient être fusillés ont apparemment obtenu un sursis lors d'un processus confus de bout en bout et qualifié par un avocat de « chaos total ».
Les exécutions au complexe pénitentiaire de Nusakambangan (Sud), « l'Alcatraz indonésien », ont eu lieu en dépit des vives protestations d'ONG de défense des droits de l'homme, du secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, et de l'Union européenne qui avaient appelé Djakarta à y renoncer. Quatre détenus – trois Nigérians et un Indonésien – ont été abattus par arme à feu peu après minuit. L'un des prisonniers nigérians a été incinéré quelques heures plus tard, tandis que les corps des trois autres étaient préparés pour l'inhumation.

« Épargnés à la dernière minute »
Mais des questions ont fusé quant au déroulement des opérations sous une pluie battante avec de violents orages. Dix autres condamnés, incluant des ressortissants d'Inde, du Pakistan et du Zimbabwe, devaient passer devant le peloton d'exécution dans une clairière dans la jungle, avant d'être finalement épargnés à la dernière minute sans explication.
Le procureur général d'Indonésie, Muhammad Prasetyo, chargé des exécutions, a indiqué hier que ces condamnés avaient regagné leur cellule, suggérant que leur exécution n'était pas imminente. « Nous allons décider plus tard du sort des 10 condamnés. Nous verrons quand ce sera le bon moment », a-t-il déclaré. « Mais une chose est sûre : nous n'allons jamais cesser les exécutions de détenus dans le couloir de la mort », a-t-il martelé.

Procédure pas respectée
Du côté de la défense, les avocats des condamnés ont été maintenus dans le flou complet, sans savoir pourquoi les exécutions prévues n'avaient pas eu lieu, a déploré l'avocat Ricky Gunawan, qui défendait le Nigérian Humphrey Jefferson Ejike Eleweke, parmi ceux qui ont été ligotés à un poteau et fusillés. « Les exécutions ce matin étaient un chaos total. Aucune information claire ne nous a été donnée sur le déroulement des exécutions, sur la raison pour laquelle seulement quatre (ont été exécutés) et sur ce qui se passe pour les 10 autres », a déclaré M. Gunawan.
Le second avocat du Nigérian Eleweke, Afif Abdul Qoyim, a déclaré que son client n'aurait pas dû être exécuté dans la mesure où il avait déposé un recours en justice plus tôt dans la semaine. « Quand cette procédure n'est pas respectée, cela signifie que ce n'est plus un pays qui respecte la loi ni les droits de l'homme », a-t-il dit.

(Source : AFP)

L'Indonésie a exécuté hier quatre condamnés à mort pour trafic de drogue, mais dix autres qui devaient être fusillés ont apparemment obtenu un sursis lors d'un processus confus de bout en bout et qualifié par un avocat de « chaos total ».Les exécutions au complexe pénitentiaire de Nusakambangan (Sud), « l'Alcatraz indonésien », ont eu lieu en dépit des vives protestations d'ONG de défense des droits de l'homme, du secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, et de l'Union européenne qui avaient appelé Djakarta à y renoncer. Quatre détenus – trois Nigérians et un Indonésien – ont été abattus par arme à feu peu après minuit. L'un des prisonniers nigérians a été incinéré quelques heures plus tard, tandis que les corps des trois autres étaient préparés pour l'inhumation.
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