Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors des funérailles d’une victime du coup d’État raté, le 17 juillet 2016. Aris Messinis/AFP
Le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan a étendu hier à l'enseignement et l'audiovisuel ses purges dans les milieux proches du prédicateur Fethullah Gülen accusés d'être derrière le putsch avorté en Turquie, qui ont désormais tout d'une véritable épuration.
Le Conseil de l'enseignement supérieur (YÖK) a ainsi demandé la démission des 1 577 doyens d'universités publiques, et rattachées à des fondations privées après l'échec du coup de force contre le président Erdogan, comme le rapporte l'agence de presse Anadolu.
Parallèlement, le Haut Conseil turc de la radio et de la télévision (RTÜK) a retiré hier leur licence aux chaînes de télévision et de radio proches de M. Gülen, prédicateur exilé aux États-Unis. Cette décision concerne au total 24 chaînes de télévision et radios et 34 journalistes qui se sont vu retirer leur carte de presse. « C'est une purge généralisée, une épuration dans tous les domaines », a estimé Jean Marcou, professeur à Sciences Po Grenoble. Pour le politologue et universitaire Ahmet Insel, « les universités ne sont pas un nid güléniste », mais l'appel à la démission des doyens « vise à faire le tri » pour pouvoir « éliminer les éléments » appartenant à cette mouvance. « C'est à la fois une réaction de bête blessée, car le pouvoir a encore peur d'une réplique du coup d'État », dit-il, et le signe que « le pouvoir se préparait à de telles purges et a saisi l'occasion ».
« Aucune différence avec l'EI »
Selon un comptage de l'AFP, au moins 25 000 fonctionnaires, dont plusieurs milliers de policiers et gendarmes ainsi que des enseignants, ont été suspendus ou démis dans cette chasse nationale aux gülénistes. Les fonctionnaires mis à pied se sont vu par ailleurs interdire de quitter le territoire. Plus de 9 000 militaires, magistrats et policiers font également l'objet d'une procédure judiciaire, a déclaré le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus. « Nous allons les déraciner d'une manière telle que (...) plus aucun traître, plus aucune organisation terroriste clandestine, plus aucun groupe terroriste séparatiste n'aura l'audace de trahir la Turquie », a déclaré le Premier ministre Binali Yildirim, en évoquant les partisans de Fethullah Gülen. Il s'est toutefois défendu de « tout esprit de vengeance » qui serait « absolument inacceptable dans l'État de droit », alors que la communauté internationale s'inquiète d'un déchaînement répressif en Turquie.
L'armée n'a pas été épargnée par les purges : au moins 118 généraux et amiraux ont été placés en garde à vue, selon Anadolu. Vingt-six d'entre eux, dont l'ancien chef de l'armée de l'air, le général Akin Oztürk, sont désormais en détention préventive après avoir été inculpés, notamment, de « tentative de renversement de l'ordre constitutionnel » et de « tentative d'assassinat » du président Erdogan. L'ambassadeur de Turquie à Athènes a insisté hier sur la nécessité de renvoyer rapidement en Turquie les huit militaires turcs ayant fui par hélicoptère en Grèce après le coup d'État, soulignant que le contraire « n'aiderait pas » les relations bilatérales.
De son côté, l'imam Gülen a réfuté, dans un entretien accordé à l'AFP lundi, toute responsabilité. « J'ai toujours été contre l'intervention des militaires dans la politique intérieure », a-t-il assuré (voir par ailleurs). Il a aussi laissé entendre que le gouvernement aurait pu mettre en scène cette tentative de putsch. « C'est comme si on affirmait que le 11-Septembre a été orchestré par les États-Unis ou les attentats de Paris et de Nice par le gouvernement français », a riposté Ibrahim Kalin, le porte-parole du président turc.
(Source : AFP)


Le meilleur endroit pour pratiquer une purge c'est dans les sanitaires ....ben quoi ? Au ministère de la santé publique. ....
10 h 47, le 20 juillet 2016