Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a subi un revers mardi, un tribunal invalidant une session du Parlement qui avait permis d'entériner la nomination de nouveaux ministres technocrates proposés par le chef du gouvernement pour accélérer les réformes.
Le tribunal a estimé que cette session s'était tenue en avril dans une atmosphère "peu favorable avec la liberté d'opinion", certains députés ayant été empêchés d'assister aux débats, a précisé le porte-parole du Haut conseil judiciaire Abdelsattar Bayraqdar dans un communiqué. En conséquence, la nomination des ministres technocrates est annulée.
Le Premier ministre irakien tente depuis des mois de remplacer ses ministres affiliés à des partis politiques par des technocrates pour mieux lutter contre la corruption et accélérer les réformes. Les ministres issus des partis traditionnels sont accusés de gérer leurs portefeuilles en fonction de leurs intérêts personnels et politiciens. Mais le chef du gouvernement s'était heurté à l'opposition des partis et seuls certains des candidats qu'il proposait avaient finalement été acceptés par le Parlement à l'issue de séances chaotiques en avril.
Le tribunal a par ailleurs invalidé une autre séance qui avait vu le président du Parlement Salim al-Joubouri limogé. Le quorum n'était pas atteint, ont estimé les juges.
L'Irak qui est engagé dans une bataille militaire contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) connaît des mois d'instabilité politique sur fond de ras-le-bol de la population contre la corruption.
Depuis des mois, les partisans de l'influent chef chiite Moqtada Sadr manifestent chaque semaine pour exiger la mise en place de réformes, entraînant le déploiement en masse des forces de sécurité et le blocage de la capitale irakienne tous les vendredis.
Les manifestations ont été interrompues durant le ramadan mais Moqtada Sadr a appelé à une grande protestation à la fin du jeune musulman pour augmenter la pression sur l'exécutif.
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Irak : revers pour le Premier ministre
AFP / le 28 juin 2016 à 15h16


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