Les milieux italiens Alessandro Florenzi (g) et Daniele De Rossi lors de l’entraînement des Transalpins hier à Montpellier, à 24 heures de leur dernier match de la phase de poule contre l’Éire. Une rencontre qui comptera pour du beurre, l’Italie étant déjà assurée de terminer à la première place du groupe E, quel que soit le résultat du match. Sylvain Thomas/AFP
Pour rester en course à l'Euro 2016, l'Éire doit battre l'Italie, déjà première du groupe E, qui va offrir du repos aux fatigués et du temps de jeu aux morts de faim, ce soir à Lille (22h00 heure de Beyrouth). L'Irlande peut-elle le faire ? Celle qui a bousculé la Suède (1-1) peut-être, celle balayée par la Belgique (3-0) non.
Côté « Azzurri » Antonio Conte va presque entièrement modifier son onze de départ, ne gardant qu'Andrea Barzagli en défense centrale et Alessio Florenzi au milieu de terrain, afin d'économiser ses forces pour le 8e de finale. Ce large brassage pourrait profiter à l'Éire.
Les Verts ont montré deux visages complètement différents, mordants contre la Suède, édentés contre la Belgique.
Face aux Diables rouges, « nous avons perdu le ballon trop facilement », regrette O'Neill.
L'entraîneur incite également ses joueurs à ne pas trop se lamenter. « Ou vous vous désolez et vous sentez que ça vous échappe, ou vous puisez de la confiance dans la façon dont vous avez joué trois jours plus tôt », pointe le coach irlandais.
Faute de matériau, il ne devrait pas retoucher beaucoup son équipe. Peut-être le vétéran Robbie Keane, entré deux fois en jeu, partira titulaire pour ce match crucial. L'Éire n'a plus gagné un match à l'Euro depuis son tout premier, en 1988, l'immortelle victoire contre l'Angleterre (1-0) sur une tête de Ray Houghton.
Il faut « descendre les Italiens »
« Ils ont toutes les motivations du monde et nous apparemment un peu moins », note Daniele De Rossi. La pointe basse du milieu azzurro, qui devrait laisser sa place au Parisien Thiago Motta, prévient cependant que l'Italie ne « fera pas de cadeaux ».
Même rebâtie, l'Italie est supérieure sur le papier à l'Irlande. Conte garde son orthodoxe défense à trois, avec Angelo Ogbonna et le polyvalent Matteo Darmian à la place de Leonardo Bonucci et Giorgio Chiellini, et devrait remettre son duo Ciro Immobile-Simone Zaza devant, celui du début de son mandat à l'été 2014.
La « Nazionale » tire des certitudes de son organisation quasi militaire, et reçoit l'onction de l'adjoint d'O'Neill, Roy Keane, qui a dit qu'il paierait le billet pour voir jouer l'Italie.
« Avec son style de jeu, son abnégation, je comprends qu'il puisse aimer une équipe comme la nôtre, dit De Rossi, mais les esthètes préféreront l'Espagne. » Keane annonce aussi qu'il faudra « descendre les Italiens ». « Ce n'est pas un match où on se fera des amis », ajoute l'ex-guerrier de Manchester United.
L'Éire doit pouvoir compter sur son engagement et ses merveilleux supporters. De Rossi se souvient du dernier match de poule à l'Euro 2012, gagné 2-0 par l'Italie : « Ils étaient derniers avec zéro point, éliminés, ils avaient tout donné pendant 90 minutes et leurs tifosi ont chanté 90 minutes comme si c'était une finale. » Et cette fois, c'en est une.
(Source : AFP)

