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Moyen Orient et Monde - Syrie

Le régime avance à Tabqa, un attentat secoue Qamichli

Polémique Washington-Moscou autour de frappes russes ayant visé des rebelles appuyés par les USA.

Un kamikaze s’est fait exploser à quelques mètres du lieu où se déroulait, en présence du patriarche Ignace Ephrem II Karim, chef de l’Église syriaque-orthodoxe, une cérémonie en commémoration du massacre des Assyriens par les Ottomans. Delil Souleiman/AFP

Trois personnes ont été tuées hier quand un kamikaze s'est fait exploser dans une ville du nord-est de la Syrie lors de la commémoration du massacre des Assyriens par les Ottomans. Un journaliste travaillant avec l'AFP à Qamichli, une grande ville de la province de Hassaké, a entendu une forte explosion alors qu'il couvrait la commémoration du massacre de Seyfo perpétré à partir de 1915 par les Ottomans contre des dizaines de milliers d'Assyriens dans la Turquie et l'Iran actuels. Le kamikaze s'est fait exploser à quelques mètres du lieu où se déroulait la cérémonie en présence du patriarche Ignace Ephrem II Karim, chef de l'Église syriaque-orthodoxe, a indiqué une source de sécurité. Quelques instants auparavant, il était interpellé par les « Sotoro », une force policière protégeant la communauté des Assyriens, minoritaire en Syrie, et qui a vu le jour après le début du conflit syrien. Trois membres des Sotoro ont été tués et cinq autres blessés, a indiqué la source. « Le kamikaze voulait viser le convoi du patriarche, mais n'a pas pu atteindre son objectif », a affirmé à l'AFP une source au sein des Sotoro.
Parallèlement, les forces progouvernementales syriennes, appuyées par l'aviation de la Russie, ont progressé hier vers la localité de Tabqa (Nord) et son aéroport militaire contrôlés par le groupe État islamique (EI), a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les combattants du régime se trouvent actuellement à sept km de l'aéroport de Tabqa dans la province de Raqqa (Nord), a précisé cette ONG. En raison des nombreuses attaques des jihadistes, l'armée du régime était restée plus d'une semaine coincée à 15 km de l'aéroport. Mais les frappes aériennes de l'allié russe et le renforcement de l'unité d'élite de la garde républicaine leur ont finalement permis d'avancer, selon l'OSDH.

Les rebelles avancent
Par ailleurs, les Forces démocratiques syriennes (FDS) ne sont plus qu'à 2 km environ du centre de Manbij, ville du nord-ouest de la Syrie contrôlée par l'EI dont les FDS ont dit avoir coupé toutes les voies d'accès il y a une semaine, a déclaré une source au sein de la coalition rebelle. Les FDS, qui sont appuyées par les États-Unis, ont réussi à entrer dans la ville par l'ouest, pour la première fois depuis le lancement, le 31 mai dernier, d'une vaste offensive pour chasser les jihadistes de leur dernier territoire bordant la frontière avec la Turquie. L'alliance, qui comprend des combattants arabes et les puissances milices kurdes YPG (unités de protection du peuple), s'est emparée de dizaines de villages autour de Manbij mais n'avait pas encore pénétré dans la ville où des milliers d'habitants restent pris au piège.
Plus à l'est, après 4 jours de combats les rebelles de Jaich el-Fateh ont libéré totalement al-Khlasse et Barne des miliciens chiites. En outre, les rebelles au Nord de Homs ont passé à l'offensive durant le week-end.
À la frontière turque en revanche, au moins huit syriens, dont quatre enfants, ont été tués par des tirs de gardes-frontières turcs alors qu'ils tentaient de fuir leur pays en guerre hier avant l'aube, rapporte l'OSDH. L'opposition syrienne en exil, soutenue par la Turquie et basée à Istanbul, a de son côté fait état de 11 morts.
Le même jour, un soldat russe qui protégeait un convoi humanitaire dans la région syrienne de Homs (centre) a été tué dans l'explosion d'une voiture piégée, a annoncé hier le ministère russe de la Défense, ce qui porte à dix le nombre officiel des combattants russes ayant péri dans ce conflit. « Le 15 juin, Andreï Timochenkov escortait dans la province de Homs un convoi humanitaire russe. Il a empêché une voiture piégée d'atteindre le lieu où était distribuée l'aide humanitaire », a écrit le ministère dans un communiqué.

La diplomatie à l'épreuve
Côté diplomatique, Moscou et Washington se sont entendus pour améliorer la coordination de leurs opérations militaires en Syrie afin d'éviter les incidents, a rapporté hier le ministère russe de la Défense. L'accord a été conclu lors d'une visioconférence entre responsables militaires des deux pays, précise-t-il. Le département américain de la Défense avait demandé la veille des explications à Moscou après les raids de l'aviation russe qui auraient visé des rebelles soutenus par les États-Unis dans le sud de la Syrie, jeudi et vendredi. Les insurgés, qui combattent les jihadistes de l'État islamique, étaient pourtant en théorie protégés par l'accord de « cessation des hostilités » conclu en février, a souligné le Pentagone. Igor Konachenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense, a assuré hier que les raids aériens avaient été menés à 300 km de leurs positions et que l'armée russe avait informé les États-Unis des cibles qui devaient être visées. Le ministère russe de la Défense a en outre démenti les accusations de Washington.
Sur un autre plan, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a rencontré samedi le président syrien Bachar el-Assad lors d'une visite surprise à Damas, la première d'un aussi important responsable militaire russe depuis le début du conflit en 2011, selon l'agence officielle syrienne. La Russie, le principal allié du président Assad avec l'Iran, mène depuis septembre une campagne de frappes aériennes contre les groupes armés hostiles au régime de Damas, et dispose d'une base aérienne à Hmeimim, dans l'ouest du pays. « Les discussions ont porté sur la coopération militaire entre les deux pays et une action commune pour lutter contre les organisations terroristes sur le territoire syrien », a précisé l'agence Sana.
(Source : agences)

Trois personnes ont été tuées hier quand un kamikaze s'est fait exploser dans une ville du nord-est de la Syrie lors de la commémoration du massacre des Assyriens par les Ottomans. Un journaliste travaillant avec l'AFP à Qamichli, une grande ville de la province de Hassaké, a entendu une forte explosion alors qu'il couvrait la commémoration du massacre de Seyfo perpétré à partir de 1915 par les Ottomans contre des dizaines de milliers d'Assyriens dans la Turquie et l'Iran actuels. Le kamikaze s'est fait exploser à quelques mètres du lieu où se déroulait la cérémonie en présence du patriarche Ignace Ephrem II Karim, chef de l'Église syriaque-orthodoxe, a indiqué une source de sécurité. Quelques instants auparavant, il était interpellé par les « Sotoro », une force policière protégeant la communauté des...
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