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Liban - Courant Du Futur

Hariri : Les sanctions visent le Hezbollah, pas la communauté chiite...

Le chef du courant du Futur prononçant son discours devant des notables de la Békaa-Ouest, Rachaya et Ersal, lors d’un iftar qu’il a donné en leur honneur dans un restaurant de Chtaura . Photo ANI

Le chef du courant du Futur, le député et ancien Premier ministre Saad Hariri, a fait assumer hier au Hezbollah la responsabilité des sanctions arabes et internationales qui frappent actuellement le parti chiite, mais aussi du blocage de l'élection présidentielle, tout en veillant à le dissocier de la communauté chiite.
S'exprimant dans le cadre d'un iftar à Chtaura, M. Hariri a d'abord exprimé sa tristesse face à la guerre qui se déroule en Syrie, regrettant que les Syriens soient « privés des bénédictions du ramadan, de sa sécurité et de sa tranquillité ». Mais il s'est dit heureux que « le Liban, et la Békaa en particulier, soit toujours en mesure d'éviter les flammes des guerres environnantes et demeure encore un symbole de la coexistence et de la fraternité entre les confessions et les communautés ».
« L'unité nationale et la coexistence, qui peuvent n'être que des mots pour certains, sont une pratique quotidienne (...) et une responsabilité nationale pour chaque citoyen et chaque responsable », a-t-il indiqué.
« En Syrie, un demi-million de personnes ont été tuées, huit millions déplacées, des centaines de milliers blessées, noyées ou handicapées, des centaines de villes et de villages ont été totalement détruits, et le monde est divisé en deux parties : l'une participe au meurtre du peuple syrien avec le criminel Bachar el-Assad et l'autre observe », a-t-il poursuivi, déplorant que « le maximum » qui puisse émaner de la communauté internationale soit « un texte de condamnation ».
« Je ne suis pas prêt à une quelconque surenchère politique, à des élections, ou à quoi que ce soit dans ce monde qui forcerait mes bien-aimés dans la Békaa et au Liban à endurer ce que nos frères en Syrie endurent », a noté Saad Hariri, précisant que « ceci est l'héritage de Rafic Hariri – et je ne suis pas prêt à l'abandonner (...) ».
« Je sais que ce discours clair devient difficile à accepter et à appliquer lorsqu'il est confronté aux actes du Hezbollah aussi bien au Liban qu'à l'étranger. À vrai dire, le Liban, tout le Liban, avec toutes ses régions et ses communautés, en commençant par la communauté chiite chère à notre cœur, paie des prix insupportables pour des choix que le Liban, le peuple libanais et leur État n'ont pas avalisés », a-t-il indiqué.
« Le Liban souffre de l'implication du Hezbollah, et non des chiites du Liban, dans des guerres dont nous ne récoltons que boycott et sanctions, et qui nous font perdre le soutien à nos institutions légales », a-t-il dit.

« Quiconque dit le contraire ment »
Et Saad Hariri de poursuivre : « Et maintenant, un vrai problème existe entre le Hezbollah – et non pas nos frères chiites comme le parti essaie de l'insinuer – et une importante partie de la communauté arabe et internationale. Les sanctions américaines reflètent un aspect du problème qui comporte aussi de multiples facettes dans la relation avec le Conseil de coopération du Golfe. »
« Les États-Unis demandent des comptes ou sanctionnent le Hezbollah, et non pas nos frères chiites, pour des opérations sécuritaires, et la plupart des pays européens l'ont inclus dans les listes du terrorisme pour des opérations sécuritaires attribuées au parti – et non pas à nos frères chiites. Cela vaut également pour l'Arabie saoudite, Bahreïn, le Koweït, les Émirats arabes unis, le Qatar et d'autres pays arabes », a-t-il noté.
« Le Hezbollah ne veut pas admettre cela et ne reconnaît pas que ses politiques sécuritaire et militaire constituent une grande malédiction, dont des milliers de jeunes jetés sur les champs de bataille et des centaines de milliers de Libanais dont les intérêts sont menacés paient le prix », a-t-il ajouté.
« La dernière tendance du Hezbollah est d'attaquer le dernier secteur soutenant l'économie, le secteur bancaire, et le gouverneur de la Banque centrale, sous prétexte qu'ils appliquent des lois qu'ils n'ont même pas écrites, mais auxquelles ils sont tenus de se conformer et que le Parlement libanais s'est engagé à appliquer ! L'année dernière, lorsque le Parlement a adopté des lois antiblanchiment, il s'est engagé pratiquement à appliquer les réglementations financières internationales ! Et vous savez quoi ? Ces lois ont été approuvées à l'unanimité... » a dit Saad Hariri.
« Qui aussi a approuvé ces lois ? Les députés du Hezbollah. Pas Riad Salamé ! Si le Hezbollah veut ouvrir un compte dans une banque iranienne, la demande sera rejetée, à cause de ces mêmes lois. Pourquoi n'avons-nous pas entendu parler d'une attaque du Hezbollah contre les banques iraniennes et contre la Banque centrale d'Iran ? Le problème réside dans les lois qui régissent le système bancaire mondial, et pas seulement les banques libanaises, et le problème réside au niveau du Hezbollah et de ses actions, et non de la communauté chiite. Quiconque dit le contraire ment », a-t-il noté.

« Veulent-ils de Geagea ? »
« En plus de tout cela, le parti bloque le quorum depuis deux ans lors de chaque session parlementaire pour élire un président. Peut-être que la situation actuelle lui convient. Un état de paralysie, une économie dévastée et personne n'est en mesure de prendre une décision pour aider les citoyens et améliorer leurs vies. Et ils disent à la fin que la vacance est la faute de Saad Hariri ! » a encore dit le chef du courant du Futur.
« M'est-il proposé de choisir entre deux candidats, Samir Geagea et Amine Gemayel, et est-ce moi qui refuse de me rendre à la Chambre ? Veulent-ils de Samir Geagea? S'ils en voulaient, je serais le premier à me rendre au Parlement et à voter pour lui », a-t-il noté.
Et de conclure : « Telle est la situation, et tel est notre destin : que faire ? Nous allons rester patients, continuer à lutter par la politique, les mots et la persuasion, pour éviter la discorde et l'extrémisme et empêcher la vacance de devenir une règle (...) ».

Le chef du courant du Futur, le député et ancien Premier ministre Saad Hariri, a fait assumer hier au Hezbollah la responsabilité des sanctions arabes et internationales qui frappent actuellement le parti chiite, mais aussi du blocage de l'élection présidentielle, tout en veillant à le dissocier de la communauté chiite.S'exprimant dans le cadre d'un iftar à Chtaura, M. Hariri a d'abord exprimé sa tristesse face à la guerre qui se déroule en Syrie, regrettant que les Syriens soient « privés des bénédictions du ramadan, de sa sécurité et de sa tranquillité ». Mais il s'est dit heureux que « le Liban, et la Békaa en particulier, soit toujours en mesure d'éviter les flammes des guerres environnantes et demeure encore un symbole de la coexistence et de la fraternité entre les confessions et les...
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