Le président tunisien Béji Caïd Essebsi. Photo AFP
Le projet d'un gouvernement d'union nationale en Tunisie, lancé par le président Béji Caïd Essebsi, est menacé d'enlisement. M. Caïd Essebsi s'est prononcé au début du mois en faveur d'un cabinet d'union nationale incluant notamment les deux Prix Nobel de la paix 2015, le syndicat UGTT et le patronat Utica. Il a par ailleurs estimé qu'un tel gouvernement pourrait être dirigé par une autre personnalité que l'actuel Premier ministre, Habib Essid. Ce dernier avait lui-même affirmé qu'il serait prêt à partir « si l'intérêt du pays l'exige(ait) ».
Mais dans un entretien à al-Arabiya, lundi, M. Essid a pourtant semblé écarter toute démission, jugeant, selon les propos rapportés par la chaîne, qu'elle serait « synonyme d'un affaiblissement majeur de l'État ». L'UGTT et l'Utica ont pour leur part refusé de participer à un gouvernement. Les deux centrales ont en échange poliment apporté leur « soutien » au projet.
Poids électoral
Les négociations s'annoncent ardues, puisque l'initiative portée par le président a aiguisé les appétits, aussi bien parmi les quatre partis de l'actuelle coalition que dans l'opposition. Les islamistes d'Ennahda, une des principales forces du pays, ont réclamé une meilleure prise en compte de leur « poids électoral ». Des voix au sein du parti Nidaa Tounès ont pour leur part réclamé la nomination d'un Premier ministre issu de ses rangs.
Pour tenter de garder le processus sur les rails, le chef de l'État a assuré hier qu'un dénouement interviendrait début juillet. « Il y a un diagnostic de la situation (actuelle), et nous sommes d'accord sur le fait qu'elle ne peut pas continuer », a plaidé Béji Caïd Essebsi, annonçant la mise en place « la semaine prochaine » d'un « comité » pour favoriser la réussite du projet.
(Source : AFP)

