Le bloc parlementaire du Changement et de la Réforme, présidé par Michel Aoun, a défendu une nouvelle fois hier le projet du barrage de Janné, alors qu'aucun accord sur le sujet n'a encore été obtenu en Conseil des ministres.
« Les campagnes qui visent des personnes liées ou non au projet du barrage de Janné ne pourront pas échapper aux poursuites judiciaires du fait de leur caractère diffamatoire et calomnieux (...) », a affirmé le bloc à l'issue de sa réunion hebdomadaire.
Il faisait référence à une vidéo réalisée par des détracteurs du barrage et qui circule récemment, soulevant des points d'interrogation concernant le rôle joué par Jean Gebran, conseiller du ministre de l'Énergie, Arthur Nazarian, qu'ils accusent d'être le directeur du groupe ayant gagné l'appel d'offres pour les travaux du barrage.
Le projet de barrage de Janné est controversé pour de nombreuses raisons, notamment pour son impact sur une biodiversité et un écosystème très fragiles, comme l'a démontré l'été dernier une étude faite par le bureau Gicome, à la demande de l'Office des eaux de Beyrouth qui finance le projet. Toutefois, cela n'a pas empêché les travaux de se poursuivre. Le ministre de l'Environnement, Mohammad Machnouk, a exprimé son opposition au projet en l'état actuel, alors que le ministre de l'Agriculture, Akram Chehayeb, s'est dit en faveur de ce projet.
« Le coût du projet ne dépassera pas les 28 millions de dollars, contrairement au projet de barrage à Besri (entre le caza de Jezzine et le Chouf) qui coûtera 155 millions de dollars », a affirmé le bloc aouniste.
Quant aux répercussions sur l'environnement, il a précisé qu'il ne faudra pas déraciner plus de « 50 000 arbres », selon les estimations du ministère de l'Agriculture. « À l'issue de la réalisation du projet, la reforestation des lieux est envisagée et trois fois plus d'arbres seront plantés, a-t-il assuré. L'exécution du projet de Besri nécessite par contre que 200 000 arbres soient arrachés. » Se prononçant sur les risques sismiques, le bloc aouniste a observé que « toutes les études ont formellement conclu qu'il n'y avait aucun risque sismique, sur base des confirmations d'un expert français (dont il ne cite pas le nom, NDLR), alors que le barrage de Besri est situé à proximité de la faille géologique de Roum qui est active ».
Le bloc aouniste s'est aussi penché sur d'autres dossiers, à savoir la crise des déchets, le dossier de la Sécurité de l'État et la loi électorale. Sur ce dernier point, il a déploré « qu'aucune loi représentative et qui consacre le partenariat islamo-chrétien n'ait été adoptée, 26 ans après l'accord de Taëf ». « À moins d'un an de l'échéance parlementaire, le manque de volonté pour l'adoption d'une nouvelle loi est flagrant », a-t-il déploré, se disant convaincu que cette situation a pour objectif de « prolonger le statu quo parlementaire actuel ».
Le groupe parlementaire a par ailleurs condamné l'attentat qui a visé une branche de la Blom Bank dimanche dernier à Verdun.
Liban - Cpl
Le bloc aouniste défend à nouveau le projet du barrage de Janné
OLJ / le 15 juin 2016 à 00h00


ON DEFENT SON PLAT...
21 h 59, le 15 juin 2016