Photo extraite d’une vidéo montrant les habitants de Manbij se réjouissant d’être libérés des jihadistes de l’EI. Photo Reuters
Le principal axe de ravitaillement du groupe État islamique (EI) entre la Syrie et la Turquie est coupé après l'encerclement total hier de la ville de Manbij par des forces soutenues par Washington.
Une coalition de combattants arabo-kurde, les Forces syriennes démocratiques (FDS), a coupé hier « la dernière route reliant Manbij à la frontière turque », a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). « Les terroristes de l'EI sont maintenant complètement assiégés », a tweeté de son côté le représentant des États-Unis auprès de la coalition antijihadiste, Brett McGurk.
Passée sous la coupe des jihadistes en 2014, Manbij était un carrefour-clé sur le principal axe permettant à l'EI de faire transiter hommes, armes et argent entre la Turquie et son fief syrien de Raqqa. L'EI contrôle encore une bande frontalière et des routes secondaires vers la Turquie, mais celles-ci sont dangereuses et difficiles d'accès, selon M. Abdel Rahmane.
Plus de 200 morts
Depuis le début de leur offensive le 31 mai, les FDS, appuyées par les frappes de la coalition dirigée par les États-Unis, ont coupé les routes reliant Manbij aux zones contrôlées par l'EI en Syrie : celle vers Jarablos, au Nord, celle vers Raqqa, au Sud-Est, celle vers al-Bab, au Sud-Ouest, et finalement hier celle menant au point de passage frontalier el-Raï, au Nord-Ouest.
« Pour que les jihadistes parviennent à la frontière turque depuis Raqqa, ils doivent passer désormais par une route plus dangereuse pour eux en raison de la proximité des troupes du régime syrien et des bombardements russes », explique M. Abdel Rahmane.
Les FDS ont pris 79 villages et hameaux dans les environs de Manbij, lors de combats qui ont fait au moins 218 morts – 159 jihadistes, 22 combattants FDS et 37 civils, ces derniers tués en majorité par les frappes de la coalition – selon l'OSDH. Des milliers d'habitants ont fui Manbij alors que les jihadistes sont restés pour défendre la ville, d'après l'OSDH.
Pas d'accord écrit
Sur le plan humanitaire, les Nations unies attendent toujours l'accord du gouvernement syrien pour acheminer de l'aide dans deux localités assiégées, a annoncé hier un porte-parole à Genève. « Il y en a deux pour lesquelles nous n'avons pas reçu d'accord écrit du gouvernement. Il s'agit de al-Waer à Homs et de Zabadani dans la région rurale de Damas », a déclaré le porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires (Ocha), Jens Laerke.
Jeudi, l'envoyé spécial de l'Onu pour la Syrie Staffan de Mistura avait pourtant affirmé que le gouvernement syrien avait donné les autorisations nécessaires pour acheminer de l'aide dans toutes les villes et localités assiégées du pays. Interrogé hier à ce sujet, le bureau de M. de Mistura n'était pas en mesure de répondre de façon immédiate à l'AFP sur les raisons de cette confusion. Les Nations unies considèrent que près de 593 000 personnes vivent dans 19 zones ou localités assiégées.
452 700 personnes sont assiégées par l'armée, notamment dans la banlieue rurale de Damas, 110 000 par l'EI à Deir el-Zor, 20 000 par le Front Al-Nosra, branche syrienne d'el-Qaëda, et des groupes rebelles dans la province d'Idleb et 10 000 par les prorégime et des groupes armés dans le camp palestinien de Yarmouk à Damas. En ce qui concerne le mois de juin, l'Onu n'a demandé des autorisations que pour 17 des 19 villes et zones assiégées, a expliqué M. Laerke.
Il a en effet fait remarquer que depuis avril dernier l'Onu achemine déjà de l'aide alimentaire, avec l'autorisation du gouvernement syrien, à Deir el-Zor grâce à des largages d'aide et souligné qu'une assistance parvient déjà également – bien que de façon sporadique – à Yarmouk via l'agence des Nations unies pour l'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa).
(Source : AFP)

