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Moyen Orient et Monde - Irak

L’armée face à la résistance « coriace » de l’EI à Fallouja

Plus de 1 000 soldats ont été blessés depuis le début de l'offensive; le bilan des morts n'est toujours pas divulgué.

Les forces de sécurité irakiennes se réunissent à la périphérie de Saqlawiya au nord de Fallouja, le 2 juin 2016. Thaier Al-Sudani/Reuters

Les forces irakiennes se heurtent à une très vive résistance des jihadistes de l'État islamique (EI) à Fallouja et il faudra du temps pour que l'offensive, entamée le 23 mai, porte ses fruits, a déclaré le ministre irakien des Finances, Hoshiar Zebari. « Fallouja est un morceau coriace », a-t-il dit dans une interview accordée jeudi soir à Reuters. « Daech (acronyme arabe de l'EI) retient la population en otage, ne leur permet pas de s'enfuir, et ils mènent un rude combat », a-t-il poursuivi.
L'offensive des forces irakiennes, appuyées par les miliciens chiites des Forces de mobilisation populaire (al-Hached al-chaabi) et l'aviation de la coalition internationale mise en place par les États-Unis, a marqué le pas cette semaine. Mercredi, le Premier ministre, Haïdar el-Abadi, a annoncé une pause des opérations afin de préserver les dizaines de milliers de civils toujours présents dans la ville avec un accès limité à l'eau, aux vivres et aux soins. « Les forces de sécurité et les Forces de mobilisation populaire ont enregistré des progrès significatifs mais pour véritablement prendre le centre de Fallouja, il faudra du temps. Nous ne devrions pas clamer victoire trop tôt », insiste Zebari.
Située à 50 kilomètres environ à l'ouest de Bagdad, la ville est contrôlée par l'EI depuis janvier 2014. Elle est aussi, et de longue date, un bastion de l'insurrection sunnite contre l'armée américaine, qui y a mené deux batailles très dures contre el-Qaëda en 2004, et contre le pouvoir majoritairement chiite de Bagdad. « Daech y est retranché, mais Fallouja est un problème pour le nouvel Irak depuis le début. C'était auparavant la base d'el-Qaëda, des insurgés », a souligné Zebari. Pour le ministre des Finances, nul ne peut dire quand les jihadistes pourront en être évincés.
En attendant, depuis le début de l'offensive le 23 mai, plus de 1 000 soldats irakiens ont été blessés. « Nous avons reçu 1 119 blessés depuis le début de l'opération », a ainsi déclaré un responsable de la Santé à Bagdad. Les blessés sont soignés dans plusieurs hôpitaux dont ceux d'Abou Ghraib et de Yarmouk. Ces blessés incluent des membres de l'armée, de la police, des services antiterroristes et des membres d'alHached al-chaabi. Même si le bilan des morts n'est pas divulgué, le nombre important de funérailles organisées dans le pays laisse supposer que les pertes sont élevées. Au moins 70 cercueils de combattants tués à Fallouja ont ainsi été apportés à la date de mercredi dans un cimetière de Najaf où de nombreuses familles chiites enterrent leurs morts, selon une source de sécurité.

Impatience des milices chiites
L'offensive a été déclenchée à la suite d'une série d'attentats à la bombe de l'EI qui ont ensanglanté les quartiers chiites de Bagdad, provoquant des pertes humaines sans comparaison depuis le début de l'année. Ces attaques ont en partie été préparées et menées par des cellules jihadistes en provenance de Fallouja. « Libérer Fallouja est nécessaire pour protéger Bagdad », a déclaré hier le porte-parole du groupe Asaïb ahl al-haq, l'une des principales milices chiites irakiennes, appelant à une reprise de l'offensive. « Nous demandons que le Premier ministre Abadi continue l'opération de libération de Falloudja et ne se soumette pas aux pressions américaines et occidentales », a ajouté Jawad al-Talabawi.
Si Fallouja tombe, il s'agira de la troisième ville majeure reprise aux jihadistes après Tikrit, Ramadi, et Abadi a publiquement exprimé l'espoir que l'année 2016 serait l'année de la « victoire finale » contre l'EI, qui passera par la reconquête de Mossoul. Des analystes jugent que la reconquête de Fallouja est une tâche bien plus ardue que la prise de Tikrit et Ramadi parce que la ville est un symbole de l'insurrection sunnite et que les jihadistes n'ont pas de zone où se replier, l'armée irakienne et les miliciens chiites les ayant totalement encerclés. « À Fallouja, Daech dispose de combattants acharnés pour défendre une ville qu'il considère comme un symbole du jihad », résume Jassem al-Bahadili, ancien général de l'armée irakienne devenu analyste à Bagdad. Un autre expert, Ali Hachim, ajoute que même si l'offensive parvient à son but, le gouvernement irakien restera confronté à la nécessité d'emporter l'adhésion des populations sunnites, qui ont souvent le sentiment d'être marginalisées par Bagdad.

(Sources : agences)

Les forces irakiennes se heurtent à une très vive résistance des jihadistes de l'État islamique (EI) à Fallouja et il faudra du temps pour que l'offensive, entamée le 23 mai, porte ses fruits, a déclaré le ministre irakien des Finances, Hoshiar Zebari. « Fallouja est un morceau coriace », a-t-il dit dans une interview accordée jeudi soir à Reuters. « Daech (acronyme arabe de l'EI) retient la population en otage, ne leur permet pas de s'enfuir, et ils mènent un rude combat », a-t-il poursuivi.L'offensive des forces irakiennes, appuyées par les miliciens chiites des Forces de mobilisation populaire (al-Hached al-chaabi) et l'aviation de la coalition internationale mise en place par les États-Unis, a marqué le pas cette semaine. Mercredi, le Premier ministre, Haïdar el-Abadi, a annoncé une pause des opérations afin...
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